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Le torchon brûle entre Masangu et Adolphe Muzito
 Que
peut espérer le peuple congolais des travaux des assemblées de printemps des
institutions de Bretton Woods ? La réponse n’est pas aisée à donner dans la
mesure où un grand nombre d’obstacles restent encore à surmonter par la Rdc pour
convaincre les bailleurs des fonds internationaux, notamment le Fonds monétaire
international et la Banque mondiale avec lesquels notre pays n’est plus en
programme depuis la transition 1+4.
Pour tenter de briser cet obstacle, une importante délégation congolaise,
comprenant entre autres les ministres du Budget et des Finances ainsi que le
gouverneur de la Banque centrale du Congo, a quitté Kinshasa à la fin de la
semaine qui vient de se terminer pour Washington, capitale des Etats-Unis et
siège des institutions de Bretton Woods, pour participer aux assemblées de
printemps de ces deux institutions. Au cours de celles-ci, la délégation
congolaise poursuivra les discussions commencées à Kinshasa lors de la dernière
visite de la délégation du Fmi qui était venue explorer les conditions
économiques et politiques d’une probable reprise.
L’optimisme, côté congolais, n’est pas totalement perdu dans la mesure où un
satisfecit avait sanctionné la visite de la délégation du Fmi. Il ne reste plus
qu’à concrétiser les options levées à Kinshasa pour voir le Fmi et la Banque
mondiale lever toute restriction à la signature d’un deuxième Programme
économique du gouvernement (Peg II). Toutefois, faut-il l’avouer, des zones
d’ombres inquiétantes pour la réussite de la mission persistent encore du côté
du congolais où les principaux acteurs impliqués dans la négociation avec le Fmi
et la Banque mondiale ne parviennent pas à accorder leurs violons. Et sans un
accord entre les parties congolaises, c’est-à-dire entre le gouvernement et la
Bcc, la Rdc ne peut prétendre à la conclusion de ce Peg II.
La pomme de discorde entre Muzito et Masangu résulte du refus du gouvernement
d’accorder, comme convenu avec le Fmi, 40 milliards de francs congolais à la Bcc
au titre de subvention d’équilibres pour résorber son déficit. Le Premier
ministre, qui ne semble pas approuver la gestion Masangu, a demandé à ce dernier
de s’en tenir aux prévisions qui ont été arrêtées dans le budget 2009. Le
gouvernement avait, très difficilement d’ailleurs, réussi à faire passer au
Parlement un crédit de 18 milliards de nos francs destiné à financer le déficit
de la Bcc estimé pour 2009 à 20 milliards de francs congolais. Anticipant
probablement la foudre qui allait s’abattre sur lui lorsqu’il se présentera
devant les députés, Muzito n’a pas voulu prendre ce risque de s’attirer la
colère des élus qui estiment que le gouvernement perd inutilement de l’argent
qui pouvait servir à autre chose. En outre, il est reproché au gouverneur de la
Bcc une gestion calamiteuse de l’institution qui ne fait que crever davantage
son déficit année après année. C’est pourquoi, Muzito a cru bon de demander à
Masangu de s’en tenir à l’orthodoxie de gestion, seule capable d’amener le pays
d’atteindre le point d’achèvement qui lui permettra d’être retenu dans le cadre
de l’initiative Ppte (Pays pauvres très endettés).
Il semblerait que le veto gouvernemental aurait été levé et qu’il aurait accepté
de financer ce déficit par des recettes provenant d’impôts et de pas-de-porte de
redevances minières. Mais des inquiétudes subsistent toujours quant à la
capacité de la délégation congolaise de convaincre les institutions de Bretton
Woods dans la mesure où le financement proposé provient des recettes dont la
réalisation n’est pas totalement sûre. Si le Fmi et la Banque mondiale
rejetaient cette proposition, les conséquences pour le pays s’en trouveront
aggravées. La possibilité de conclure un deuxième Peg pour la période 2009-2011
s’éloignera considérablement et il faudra attendre 2010 pour ouvrir des
nouvelles négociations. Pendant ce temps, des nombreux projets attendent d’être
financés.
Qu’à cela ne tienne, l’optimisme, bien que faible, demeure encore et on attend
les résultats de ces assemblées de printemps. Mais d’ores et déjà, la question
du déficit de la banque centrale reste une énorme tâche noire dans
l’environnement économique congolais et dans le respect des équilibres
budgétaires. Députés et Sénateurs martèlent chaque jour cette remarque et
insistent pour un audit de la Bcc . C’est sûr que, lors du collectif budgétaire,
qui s’impose au vu de la dégradation des paramètres macro-économiques qui
étaient à la base du budget 2009, le Premier ministre devra en répondre.
ZM
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