Assemblée nationale
Thambwe Mwamba et Lambert Mende entre le départ et le maintien

l Les deux ministres s’expliquent aujourd’hui devant les parlementaires; mais d’ores et déjà, ils bénéficient du soutien de la majorité
l Toutefois, à la plénière d’hier, le Mlc s’est fait maître des injures faciles face à une Amp maladroite

Les ministres Thambwe Mwamba et Lambert Mende, respectivement en charge des Affaires étrangères et de la Communication et Medias ont répondu présents, hier jeudi 21 mai 2009, à l’hémicycle du Palais du peuple comme initialement prévu à l’ordre du jour. Les deux ministres ont stoïquement subi, pendant près de cinq heures, les « coups de butoir » des députés nationaux farouchement déterminés à laver, d’une part, l’affront jeté sur leur institution par les propos discourtois du numéro un de la diplomatie congolaise et à établir, d’autre part, la lumière sur le rôle joué par le ministre de la Communication et Medias lors de la crise qui a secoué la chambre basse du Parlement quelques mois plus tôt.
L’occasion était trop belle pour ne pas être exploitée par les élus nationaux qui ont plus déversé leur rage sur Alexis Thambwe que sur son collègue de la Communication et Medias. En effet, les députés nationaux accusent celui-ci d’avoir un comportement hautain qui ne favorise pas le contact humain et qui le pousse aussi à commettre des erreurs de jugement graves doublées d’écarts de langage parfois insupportables pour les destinataires. Ce débat truffé d’attaques personnelles n’a pas été le plus objectif que la chambre basse ait jamais connu. Loin d’avoir permis aux députés de se défouler sur les ministres, ce débat a plus étalé des sentiments personnels exhibant au public désabusé qui suivait en direct ces interventions, la qualité douteuse du personnel politique congolais.
Certains députés ont minimisé le cursus universitaire du ministre des Affaires étrangères valorisant les leurs ; d’autre s’en sont pris à son cursus politique. En tout cas, rien de sérieux pour faire évoluer la vie de la Nation. Vraiment, hors sujet, comme ne cessait de le répéter le président de l’Assemblée nationale. Néanmoins, l’on peut retenir le reproche fait au ministre Thambwe d’avoir tenu un discours discourtois à l’égard de l’Assemblée nationale en présence des étrangers.
Au sein de la majorité, la position dévoilée d’emblée a été celle du rejet des deux motions initiées par les députés Emery Okundji et Martin Mukonkole. Même si cela ne s’est pas passé comme il se devait, certains tombant dans le piège du populisme en vilipendant publiquement le ministre avant d’exiger de lui une demande de pardon.
Néanmoins, globalement, les députés de la majorité ont fait bloc derrière le ministre des Affaires étrangères. Pour le député du Palu Zénon Mukwakani, la motion de défiance contre Thambwe Mwamba n’avait même pas de raison d’exister puisqu’elle n’est pas liée à la gestion de son ministère mais tient plus compte des propos étrangers à celle-ci. Le Cdf Munayi n’a pas manqué à son tour de soutenir l’ancien député en s’inspirant d’une sagesse bantoue très populaire selon laquelle on ne peut pas abandonner aux flammes l’enfant qui a brûlé la maison. La majorité a clairement fait savoir son soutien au ministre des Affaires étrangères. Ses élus ont milité pour que la plénière inscrive les propos tenus par celui-ci dans leur contexte et ont demandé à Thambwe Mwamba de présenter ses excuses à la plénière.
Quant à Lambert Mende, l’exercice a été moins douloureux que pour son collègue même s’il n’a pas manqué de charrier son lot d’attaques personnelles. Le ministre de la Communication et medias n’a pas échappé à l’exhumation de son passé mobutiste. On lui a également dit tout le mal que l’on pensait de l’opacité de la Rtnc dont les antennes seraient hermétiquement fermées aux opposants. Certains élus ont voulu aussi connaître les limites de son autorité sur la Rtnc et ont posé le problème du rétablissement du signal de la chaîne de l’Assemblée nationale ainsi que celui de la reprise des retransmissions en direct, à la radio et à la télé, des séances publiques de l’Assemblée nationale. Certains élus nationaux ont aussi posé le problème de la coupure du signal de Rfi dans certaines parties du pays qu’ils ont considéré comme un acte violant systématiquement la liberté de la presse.
Toutes ces questions ont incité les deux ministres à solliciter un délai de 24 heures pour préparer les réponses aux questions parfois très fouillées posées par les députés. C’est donc aujourd’hui que les ministres répondront à ces préoccupations avant de passer à l’épreuve de vérité. En effet, selon les dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale en rapport avec la motion de défiance, un vote à bulletin secret doit absolument intervenir à l’issue du débat qui va se clôturer avec les réponses des ministres. Malgré donc la menace de ce vote à bulletin secret dont les résultats n’ont jamais été connus d’avance, les deux ministres peuvent s’assurer du soutien total des députés de la majorité. Il est improbable de voir Mende et Thambwe Mwamba quitter le Gouvernement par cette voie. La sanction, si celle-ci il y en aura, ne viendra certainement pas de députés nationaux.
Charles Mukonkole
 

Les injures du Mlc et les faux pas de l’Amp

L’ambiance n’était pas bon enfant à la plénière du jeudi 21 mai qui a vu des députés, comme pour se venger, tenir des propos discourtois à l’égard des ministres, tout en reprochant au ministre Thambwe Mwamba d’avoir commis une faute de lèse-majesté en s’hasardant de comparer les émoluments des députés aux salaires des enseignants. Les députés Mlc ont par des propos tenus à l’encontre du ministre Thambwe Mwamba démontré que le député Okundji leur donnait une belle occasion pour descendre quelqu’un qui les aurait trahi en quittant leur parti. Que des injures exposées au grand public dans une retransmission en direct de la télévision nationale que les députés veulent rendre obligatoire. Aux côtés du Mlc, certains autres députés de l’opposition ont aussi excellé dans l’exhibition de leur instinct qui a pris la place de la raison.
Ce qui a fait dire à un député de l’Udemo, Takis Kumbo Dominique, qu’on avait intérêt à faire le distingo entre l’émotion et la raison. Et dans l’ambiance d’une salle électrisée où les injures, les vices attirent l’adhésion des masses, certains députés de l’Amp sont tombés dans le piège de l’opposition consistant à pousser les ministres à admettre leurs fautes, quant à solliciter le pardon par après. Au pire, les Pprd Kamoni et Aubin Minaku ont déclaré soutenir tout ce qui s’est dit de mal du ministre Thambwe Mwamba, parlant de l’opprobre qu’il aurait jeté sur l’Assemblée nationale à son parcours politique, voire cursus universitaire, demandant au ministre de s’amender avec le risque que le pardon ne soit accepté.
Ce qui nous a fait comprendre que certains députés ont encore beaucoup à apprendre du sens à donner à l’appartenance à un parti ou une famille politique ; la solidarité et laver les linges sales s’il y en a exclusivement en famille. Car, exposer un des leurs à la vindicte populaire, en réalité, s’est s’exposer soi-même.
Pourtant s’il faut s’en référer à la raison, comme l’a si bien dit le député Célestin Tunda, il y a une démarche convenable à suivre, à savoir, les actes commis ainsi que le contexte lié à ces actes, l’élément moral ainsi que la personnalité de l’impénitent. Cette démarche éloigne les débats de l’émotion et les ramène sur le terrain de la raison.
Lr

 

Vital Kamerhe rentre à Kinshasa ce dimanche

Selon les sources proches de l’ancien speaker de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe regagne Kinshasa ce dimanche 23 mai après avoir séjourné en Afrique du sud. Aussitôt retourné au pays, il reprendra sa place dans l’hémicycle du Palais du peuple aux côtés de ses collègues députés pour le travail parlementaire pour lequel il a été élu.
Il rejoindra ainsi ses anciens collègues du Bureau qui sont, par ailleurs très réguliers aux plénières programmées et dirigées avec une nouvelle touche par le président Evariste Boshab.
Pour rappel, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a été poussé ainsi que son bureau à remettre le tablier à la suite d’une divergence de vue avec sa famille politique sur un problème majeur de la nation. Après de vaines résistances, il s’est plié et contribué à l’organisation de l’élection pour le renouvellement du Bureau avant de procéder à la remise et reprise avec la nouvelle équipe.
 


 





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