Editorial
L’entêtement du désespoir
Les concertations de Nairobi entre le
gouvernement et le Cndp n’ont pas encore donné les
résultats escomptés. Seul le gouvernement de
Kinshasa a signé la déclaration de cessez-le-feu
proposée et discutée. Ce n’est qu’une partie remise
pour le 07 janvier 2009, apprend-on des sources
proches de la facilitation que conduit de mains de
maitre, Olusegun Obasanjo, envoyé spécial du
secrétaire général de l’Onu.
Le mouvement de Laurent Nkunda qui
croyait avoir la communauté internationale dans sa
poche, après que son chef ait dansé le tango avec le
facilitateur, est obligé de revoir ses ambitions à
la baisse.
Après avoir accepté d’enlever de son
cahier de charge les préoccupations à caractère
national et ses ambitions de Il voudrait que se
faire nommer Premier ministre du gouvernement
central pour avoir eu « le mérite » de faire la
guerre à l’armée nationale, le chef de guerre du
Cndp s’accroche sur des raisons protocolaires pour
justifier son refus de signer le cessez-le-feu. Des
raisons qui prouvent à suffisance que l’homme, ne
sachant pas clairement pourquoi il fait la guerre,
et certainement confondant d’époque, est dans le
désespoir, abandonné par ceux qui l’ont armé,
financé et fait rêver.
C’est le moment que la vigilance doit
être de rigueur tant de la part de Kinshasa que de
la communauté internationale. Car, le désespoir peut
le pousser au pire. Que peut ne pas faire un chef de
guerre qui a massacré sans remord des populations à
Kisangani, Bukavu, Kiwanja, etc. et qui ne se gène
pas de continuer à perturber la sécurité physique
des populations des localités sous son contrôle ?
Que peut-il ne pas faire après avoir jeté des
millions de Congolais dans la rue ?
C’est à ce niveau où en plus de
l’isolement diplomatique et de l’abandon apparent de
la part de ses principaux soutiens, le Cndp doit
sentir aussi des pressions militaires. L’Union
européenne devrait choisir ce moment pour accepter
l’envoi des soldats de l’Eufor, non pas pour
nécessairement se battre, mais pour contraindre le
Cndp à signer le cessez-le-feu et le calendrier de
désengagement et de désarmement de ses troupes. Et,
s’il est tenté par l’aventure politique, pourquoi
pas pousser le Cndp à remplir les conditions
essentielles pour obtenir son agrément comme parti
politique afin qu’il se mesure aux prochaines
élections locales de 2009 avant celles générales de
2011.