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Utilisation de 15 millions de Usd du fonds présidentiel
Kimbuta doit s’expliquer
Lors
de la séance de travail qu’il a eu avec les députés
nationaux et les sénateurs, élus de la ville de
Kinshasa, le chef de l’Etat, Joseph Kabila, aurait,
selon le député Fidel Babala, informé aux élus de la
capitale qu’il avait mis à la disposition du Gouverneur
de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, une enveloppe de
15 millions de dollars et qu’il leur aurait demandé de
suivre l’utilisation de cet argent. Le député national,
qui a livré l’information par motion lors de la plénière
de l’Assemblée nationale du mercredi 17 décembre 2008, a
souhaité voir le chef de l’exécutif provincial de la
ville de Kinshasa venir en répondre devant les élus
nationaux. Pour Fidel Babala, André Kimbuta devait
d’abord confirmer la disponibilisation de cette
enveloppe en sa faveur; ensuite, il était attendu de lui
qu’il explique l’utilisation de ce fonds et enfin,
Kimbuta devait, selon le député du Mlc, donner à la
représentation nationale son programme d’action.
Réagissant à cette information, le Président de la
chambre basse du Parlement congolais a reconnu la
pertinence de cette démarche, mais il a tout de même
tenu à indiquer que, selon la Constitution en vigueur
dans notre pays, le Gouverneur de province est
responsable devant l’Assemblée provinciale auprès de
laquelle il rend compte de sa gestion. L’Assemblée
nationale étant auditeur de la gestion du gouvernement
central. Toutefois, a-t-il conclu, il ne voyait pas
d’inconvénients à recevoir le Gouverneur de la ville de
Kinshasa dans son bureau afin d’en parler tout comme
aussi il a renvoyé la balle aux élus nationaux de la
Ville- province pour qu’ensemble avec les membres de la
Cour des comptes, ils puissent effectuer cette mission
pendant les vacances parlementaires selon les termes des
références à définir d’ici avant la fin de la présente
session.
Il y
a lieu de saluer l’initiative du député Fidel Babala
même si, il est vrai, la chambre à laquelle il
appartient n’a aucune compétence pour débattre de la
gestion d’un Gouverneur de province, quel qu’il soit. On
peut aussi se poser certaines questions quant à la
compétence que détiendraient, pendant les vacances
parlementaires, les élus nationaux pour poser des actes
de contrôle parlementaire, fût-il avec les membres de la
Cour des comptes. Cette dernière, en effet, dépend
effectivement de l’Assemblée nationale devant laquelle
elle fait, en principe, rapport. Mais aurait-elle le
droit de s’adjoindre des députés nationaux, au surplus
en vacances, dans l’accomplissement de sa tâche? C’est
une question à élucider, quand bien même que l’intention
est fort louable.
La
ville de Kinshasa a fortement besoin de l’audit, au jour
d’aujourd’hui, de la gestion de l’exécutif provincial où
des signaux alarmants indiquent que la rigueur et
l’orthodoxie dans la gestion sont loin d’être une
qualité.
En
effet, avant même que l’on évoque la question de la
gestion proprement dite, tout le monde est unanime que
la ville de Kinshasa ne s’est jamais mal portée.
Nonobstant l’obscurité qui bat son plein et qui ne
semble pas inquiéter le Gouverneur, l’état des routes de
la capitale est tellement lamentable qu’il constitue un
frein sérieux pour le développement économique de la
ville de Kinshasa. En outre, l’asphyxie des entités
territoriales décentralisées de la ville est plus que
perceptible. Kimbuta ne restitue pas convenablement les
recettes de la ville à ces entités dont le rôle dans
l’assainissement est plus que primordial. L’Hôtel de
ville de Kinshasa a mis la main haute sur les recettes
de la ville. De manière totalitaire, Kimbuta gère les
finances à sa guise.
Dans
l’entre-temps, il bénéficie des financements de l’Union
européenne à travers le projet Pauk, Programme
d’assainissement urbain de la ville de Kinshasa, ainsi
que de la rétrocession du Gouvernement central qui a
reconnu, à travers le Premier ministre Adolphe Muzito,
avoir rétrocédé aux provinces la somme de 200 millions
de dollars pour l’exercice 2008. Outre cette
rétrocession, l’opinion kinoise vient d’être informée de
l’aide de 15 millions de dollars que le Président de la
République vient d’accorder à la ville de Kinshasa.
Comme
on peut le constater, la capacité financière de la ville
de Kinshasa contraste énormément avec l’état très
délabré de ses routes, l’insalubrité qui y bat le plein
ainsi que les érosions qui menacent d’engloutir la ville
de Kinshasa. Il est tout à fait normal qu’André Kimbuta
dise à la population kinoise ce qu’il fait de toute
cette manne financière mise à sa disposition. L’on ne
peut pas comprendre qu’une province aussi riche comme
Kinshasa sombre dans les travers de l’insalubrité, de
l’insécurité, d’absence des voiries et d’obscurité.
Cette tâche incombe, en premier lieu, à l’Assemblée
provinciale de Kinshasa. Mais fort malheureusement,
l’opinion kinoise a l’impression que celle-ci s’est
complètement transformée en caisse de résonance de
l’exécutif provincial dont elle acquiesce la gestion
sans se préoccuper le moins du monde des Kinois.
Joseph Kabila, qui est fortement préoccupé par
l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens,
partage sans nul doute cette déception sinon il n’aurait
pas demandé aux élus de Kinshasa de suivre l’utilisation
de ces fonds. Son discours est expressif du ras-le bol
généralisé des Kinois qui assistent impuissant à la
disparition de leur ville alors que le Katanga et le
Bas-Congo, membres du groupe dit G-3, sont entrain de
connaître un essor digne de leur rang malgré les
difficultés conjoncturelles spécifiques à chaque
province.
Certaines ont commencé à se délier et certains soutiens
à se distendre face à la déception de l’équipe
actuellement en fonction à l’Hôtel de ville. Certains
Kinois de la pure espèce sont d’abord déçus par les
‘’mensonges’’ de leurs amis qui dirigent la ville.
Ceux-ci n’hésitent pas de jurer à leurs amis qu’ils ne
perçoivent rien du gouvernement central qui ne veut leur
rétrocéder leur dû. Après les explications d’Adolphe
Muzito du haut de la tribune de l’Assemblée nationale,
les langues se sont fortement déliées à tel point que
certains seraient mêmes prêts aujourd’hui à franchir le
rubicond. Quand on connaît l’esprit du politicien
congolais, et kinois en particulier, Kimbuta a du souci
à se faire. D’autres supposés soutiens du «Haut sommet»,
disent qu’il n’aurait dépensé de cette somme de 15
millions de dollars que 75 mille dollars.
Le
fossé est donc trop grand entre la «poche» de Kimbuta et
l’état de sa contrée où tout et absolument tout est à
refaire mais où aucun signe d’espoir ne pointe à
l’horizon quant à l’amélioration des conditions de vie.
Dans l’entre-temps, Kimbuta pavoise et se présente plus
que jamais en Gouverneur-créateur d’entreprises où le
recrutement laisse d’ailleurs à désirer. Après la Dgrk,
qui peine encore à faire ses marques, et la Régie des
transports de Kinshasa où la langue de travail est le
‘’Kikongo ya l’Etat’’, Kimbuta vient de créer Snvc
presqu’au même moment que la Régie immobilière de
Kinshasa. Toutes ses structures ne sont d’aucune
efficacité; elles ne servent qu’à accentuer le
clientélisme et à exacerber le tribalisme. Il est temps
que Kimbuta se mette sérieusement au travail afin de
sortir Kinshasa de l’immobilisme sinon il devra
s’expliquer clairement. La famille politique du chef de
l’Etat a besoin des hommes dynamiques qui croient à la
vision politique du chef de l’Etat et qui travaillent
pour le développement du pays. Ce n’est que dans cette
optique là que tout le monde pourra encore sabler le
champagne en 2011.
CM
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