|
Isolé et critiqué pour la violation des
droits de l’homme
Laurent Nkunda sabote les concertations de Nairobi
-
En refusant de signer l’accord de la prolongation de la
cessation des hostilités dont seul le gouvernement a
apposé sa signature, le Cndp porte l’entière
responsabilité de ce qu’il pourrait en advenir demain
- Le ministre kenyan des Affaires étrangères demande le
renforcement de la capacité d’action de la Monuc
On
s’y attendait ! Ce que l’on re-doutait vient de se
réaliser. Les concertations de Nairobi sur la crise
congolaise entamées jeudi dernier dans la capitale
kenyane entre le gouvernement congolais et la rébellion
du Cndp ne sont guère arrivées à formaliser le
cessez-le-feu par la signature d’un accord entre les
deux parties. Seul le gouvernement l’a signé samedi
soir, le Cndp ayant refusé à aller jusqu’au bout se
cabrant ainsi tantôt sur le mandat partiel qui revient
à ses délégués tantôt en posant des préalables qui
jusque –là ne figuraient pas sur la table des
discussions tout en exigeant la participation de deux
chambres du parlement aux concertations ainsi que des
délégués de l’Amp et de l’opposition. La signature de
l’accord de cette prolongation de la cessation des
hostilités a pour finalité de permettre l’acheminement
de l’aide humanitaire et de poursuivre les négociations
dans un climat apaisé. Quant au mouvement rebelle, il a
justifié son obstination du refus de signer le document
par des allégations selon lesquelles les Fardc auraient
attaqué ses positions. Ce qui s’est avéré non fondé
après vérification par des sources autorisées par la
facilitation menée par l’émissaire onusien, Olusegun
Obasanjo et son assistant, Benjamin Mkapa.
Selon les observateurs, l’attitude négative du Cndp
procède d’une manœuvre tendant à légitimer son pouvoir
pour ne pas dire sa reconnaissance en tant que force
représentative sur l’échiquier national. C’est à juste
titre que s’oppose le gouvernement à l’implication du
parlement à ces pourparlers puisque, seul l’exécutif en
a reçu le mandat. Au cas où il persisterait dans son
obstination à voir le président de l’Assemblée
nationale, Vital Kamerhe et le président du Sénat, Kengo
wa Dondo, la majorité présidentielle ou l’opposition y
prendre part, il n’aura qu’à s’adresser à toutes ces
parties sans interférences du gouvernement, note-t-on.
Ce changement d’attitude trouve son fondement dans la
stratégie du mouvement rebelle de retarder la conclusion
d’un accord de cessez-le-feu et ainsi de continuer à
gagner du temps. On ne peut que croire à la mauvaise foi
du Cndp qui a du mal à se départir de ses intentions
belliqueuses. On constate que les revendications du
protégé de Kigali s’étendent désormais sur toute la
République tout en remettant en cause tout le processus
démocratique alors qu’il en était pas le cas
antérieurement. Quant à la délégation gouvernementale
conduite par Raymond Tshibanda, ministre de la
Coopération internationale et régionale, elle a prouvé
son esprit d’ouverture en vue de ramener définitivement
la paix injustement troublée en Rd Congo. Que
pourrait-il en advenir jusqu’au 7 janvier prochain, date
supposée de la reprise des concertations entre les deux
parties à Nairobi ?
Des faux-fuyants
Ce faisant, il apparait clairement que des divergences
persistent encore sur les problèmes de fond occultant
mal la préoccupation majeure du général déchu Laurent
Nkundabatware de se chercher à tout prix une voie de
sortie dans le processus de paix étant donné sa
condition précaire qui ressemble étrangement à celle du
rebelle ougandais Joseph Kony, chef de la nébuleuse
armée de résistance du Seigneur (Lra). Comme son compère
de l’autre pays voisin qui, après deux ans de
négociations, se refuse désormais à signer l’accord de
paix avec Kampala, et pose, lui ainsi, des préalables
pour échapper aux geôles de la Cour pénale
internationale, le chef du Cndp connaît le sort qui, tôt
ou tard, lui est réservé. D’où sa prédilection à la
stratégie du cible mouvant dans le brouillard.
Fortement critiqué pour la violation flagrante des
droits de l’homme dans la partie Est de la Rd Congo
particulièrement à Kiwanja où une mission onusienne a
séjourné du 3 au 8 décembre, Nkundabatware est en
sursis. Selon les premiers résultats, au moins 5000
personnes ont fui leurs villages pour se réfugier en
Ouganda, 200 jeunes garçons ont été enrôlés de force
dans les rangs du Cndp et sont soumis aux travaux
forcés, 29 maisons pillées. Avant la conclusion de cette
enquête de la Monuc, le général dissident est déjà
l’objet d’isolement sur le plan diplomatique. Tout porte
à croire que l’issue politique qu’il recherche tant
risque de lui échapper et de finir ses jours entre les
quatre murs de la prison dorée de la Haye.
Ndong.M.N. |