Annoncé en résidence SURVEILLE ET ensuite démenti

Le gouverneur José Makila sur un siège éjectable

L’affaire de détournement de 85 millions de Francs congolais destinés au paiement des enseignants de Gemena dans le district du Sud-Ubangi, dans la province de l’Equateur dont le gouverneur José Makila serait l’auteur, est assurément loin de connaitre le dénouement. Hier, des radios périphériques ont annoncé le matin que le chef de l’administration provinciale aurait été mis en résidence’ surveillée avant que la nouvelle ne soit démentie dans l’après-midi. On croirait sans doute que le « signe indien » continuerait à hanter le camp du Mlc, la vérité est cependant autre. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire présenté le mardi 13 janvier dernier à l’Assemblée nationale a révélé le pot aux roses. Initialement destiné au paiement du personnel enseignant de cette contrée, ce montant a été malencontreusement assimilé par le commissaire de district du Sud-Ubangi à un fond flottant, ce qui veut dire non affecté. D’où l’information transmise, à ce sujet, à l’autorité provinciale qui décidera ensuite du partage de la somme concernée entre lui-même et quelques autorités de la province au détriment des enseignants censés bénéficier de leurs droits légaux. Chassez le naturel, dit-on, il revient au galop…

Selon le rapport de cette commission d’enquête constituée par l’Assemblée nationale, les membres concernés se sont rendus dans cette province, plus précisément à Gemena et à Mbandaka où ils ont eu l’occasion d’entendre toutes les personnes susceptibles d’apporter la lumière sur ce dossier. Deux personnes n’ont cependant pas répondu à l’appel de la commission. Il s’agit du gouverneur de la province de l’Equateur, José Makila et du commissaire de district du Sud-Ubangi. Le premier s’est soustrait à cette enquête sous le prétexte du principe de la séparation des pouvoirs, selon lequel il ne pouvait être entendu par une commission de l’Assemblée nationale. Or, l’article 100 de la Constitution relatif au pouvoir législatif est explicite à ce sujet.

Lors de la plénière de mardi 13 janvier, après la lecture du rapport de ladite commission et les interventions de plusieurs députés de différents groupes parlementaires, la majorité s’est prononcée pour que son cas soit déféré en justice. Depuis lors, José Makila remue ciel et terre pour ne pas se retrouver derrière les barreaux de la prison. Des raisons de toutes sortes sont évoquées par lui pour échapper à la rigueur de la loi à commencer par banaliser la compétence de l’Assemblée nationale en la matière, en accusant ensuite les membres de son parti, le Mlc qui auraient ourdi un « complot » contre sa personne. Pour lui, seule l’Assemblée provinciale serait compétente pour enquêter sur cette affaire. Ce à quoi, le parlement s’oppose.

Avec l’annonce hier par les radios de la mise en résidence surveillée de José Makila, on avait cru que l’heure de la mise en pratique des mesures conservatoires avait sonné. Ce n’est sans doute qu’une partie remise en attendant que toute la lumière soit faite.

NMN