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L’Assemblée nationale infiltrée et trahie par ses propres
membres
* Lisanga Bonganga cité parmi les
députés qui vendent secrets d’Etat et mensonges à
Ghislain Dupont et dans des ambassades
Une
chaîne de radio périphérique captée à Kinshasa a relayé
avec insistance, dans ses journaux du vendredi 19
décembre 2008, une information selon laquelle les
députés nationaux membres de la commission économique et
financière auraient reçu de l’argent de la part du
gouvernement pour faire passer, comme lettre à la poste,
le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2009. Ne
divulguant pas sa source, une journaliste de cette radio
s’en est donnée à cœur joie et a critiqué le
gouvernement congolais qui s’adonnerait, selon elle,
très couramment à la pratique de la corruption en vue
d’obtenir le vote des députés nationaux, surtout de la
majorité, au moment des questions primordiales pour son
avenir.
Choquée par cette information qui n’honore nullement
notre jeune démocratie, notre pays et encore moins nos
institutions, l’opinion congolaise s’est posée mille et
une questions sur la crédibilité de ses représentants et
sur leur degré de responsabilités lors de la discussion
des questions engageant l’avenir de tout un peuple.
Cette inquiétude a été partagée par des nombreux
Congolais qui se sont en outre posés la question de
savoir comment cette journaliste de la Radio France
Internationale, Gislaine Dupont, a pris connaissance de
cette information.
Il est vrai qu’il n’existe aucune démocratie parfaite
dans le monde. La dernière élection de la 1ère Secrétaire
du Parti Socialiste français, Martine Aubry a clairement
démontré qu’il existe aussi des suspicions légitimes sur
une certaine façon de faire la politique en Occident qui
n’est pas toujours orthodoxe. L’élection de Georges Bush
en 2001 a également jeté de doute dans les esprits et a
établi que la politique ne se fait pas toujours de
manière angélique. Par conséquent, on ne voit pas
pourquoi ni comment une certaine catégorie de la presse
internationale s’entête à amplifier certains phénomènes
en Afrique alors que ceux-ci existent également en
Occident.
Députés ou garçons de courses des ambassades ?
Le problème en Afrique, en général, et au Congo, en
particulier, est que nos élites pensent qu’ils sont
encore redevables vis-à-vis de l’Occident qui doit leur
dicter la conduite à suivre et à qui ils doivent rendre
compte de la politique africaine. Sans vouloir
encourager le cloisonnement politique à la zimbabwéenne,
il convient néanmoins d’appeler à la responsabilité nos
politiciens qui sont devenus les obligés de l’Occident.
En effet, en rapport avec cette nouvelle relayée par la
Rfi, c’est un député national qui s’est cru obligé
d’informer Gislaine Dupont sur cette prétendue
corruption sans en avoir les preuves. Il s’agit de
Lisanga Bonganga. Toujours lui. Alors qu’il est lui-même
membre de la commission en question, il a jugé bon de
souiller l’image et l’honorabilité de sa commission et
de l’Assemblée nationale en informant une journaliste,
en plus, une étrangère, dont la seule obsession est de
saper les efforts démocratiques du gouvernement.
Ce comportement a énervé aussi ses collègues de la
commission qui ont été officiellement informé de ce
comportement «villageois» d’un de leurs collègues à
travers un huis clos décrété à l’issue de la plénière
consacrée, hier lundi au centre d’accueil kimbanguiste,
à l’examen du rapport sur le projet de budget 2009. Il
existe aussi, au sein de nos institutions en général et
de l’Assemblée nationale en particulier, une catégorie
des politiques qui se sont spécialisés à informer les
chancelleries étrangères et à recevoir de celles-ci des
instructions voire même des interventions déjà rédigées
à lire à la tribune de l’Assemblée nationale ou du
Sénat.
Des députés de la honte
Cela n’est plus ni moins qu’un assujettissement
comparable à l’esclavagisme volontaire. Une classe
politique habituée à se coucher et à obéir aux ordres
des ambassadeurs n’apportera aucune alternative crédible
au pays dans le sens d’améliorer le vécu quotidien et de
lutter pour la sauvegarde de nos intérêts. Aussi, il est
déplorable de constater que ce sont nos propres
dirigeants qui jettent le flou sur nos institutions. A
cette allure, on ne peut pas s’étonner de voir nos
députés et sénateurs traîner dans les couloirs des
chancelleries pour quémander un visa afin d’aller soit
en visite, soit se faire soigner en Occident. Les
dirigeants ou membres de nos institutions ne se
préoccupent pas de la souveraineté encore moins de
l’image du pays. Ils préfèrent régler leurs
mécontentements à travers les diplomates et les
journalistes étrangers dans le but de salir leurs
adversaires et de se positionner en homme intègre.
Pour ce cas précis, il est étonnant de constater que le
député national concerné n’a pas réfléchi deux fois
avant de vilipender l’institution à laquelle il
appartient.
L’Assemblée nationale est l’une des institutions du pays
qui fait la fierté de la démocratie congolaise; elle
n’avait pas du tout besoin d’une telle publicité
négative qui annihile tous les efforts consentis par son
Président pour faire de la représentation nationale un
haut lieu de la défense des intérêts du peuple
congolais. Mais force est de constater que cette image
risque de subir un coup dont il sera difficile de s’en
départir. Et ce, par la faute d’un député national. Qui
trompe qui ?
ZM |