|
En attendant le3eme round des concertations de Nairobi
L’opposition s’aligne derrière Nkunda !
Après
François Mwamba du Mlc, c’est au tour de Roger Lumbala
du RcdN d’encourager le Cndp dans ses positions
défendues par la force des armes
Le
demi-échec des concertations de Nairobi sur la crise
congolaise qui a réuni du 18 au 20 décembre dernier sous
l’égide des Nations Unies le gouvernement congolais et
la rébellion du Cndp reste le point de mire de
l’actualité nationale. Tant dans les milieux politiques
que dans l’opinion, les avis fusent de partout. D’une
manière générale, ils sont partagés et quelques fois
mitigés. Cependant les résultats attendus de ce deuxième
round des discussions entre les parties en présence ont
été galvaudés par le refus du Cndp de renouveler le
cessez-le-feu proclamé en octobre tandis que le
gouvernement a fait preuve de real-politik en y adhérant
samedi soir. Preuve de la volonté manifeste de Kinshasa
d’évoluer dans le sens de la conclusion définitive de la
paix qui soit dit en passant devra évoluer par étapes
jusqu’au compromis. Il est entendu que les
atermoiements du mouvement rebelle selon lesquels les
Fardc auraient avancé dans la zone tampon, violant les
engagements pris le mois dernier ont été balayés d’un
trait par les facilitateurs Olusegun Obasanjo et
Benjamin Mkapa.
La Monuc qui poursuit le déploiement de ses troupes sur
le terrain a démenti les accusations portées contre
l’armée régulière par le Cndp. A quoi rime alors cette
manœuvre de la dernière heure ? De deux choses l’une.
Soit le groupe armé protagoniste dans le conflit de
l’Est s’évertue à gagner du temps soit il manque de
solution de rechange crédible, la dynamique de
normalisation des rapports entre Kinshasa et Kigali
ayant réduit sensiblement sa marge de manœuvres. Au plan
diplomatique, on observe une intensification des
pressions de la communauté africaine et internationale
en vue de la résolution de la crise de l’Est. Selon un
expert occidental, « Nkunda est en pilotage
automatique. Sa réponse est plus stratégique que
politique ». C’est tout dire…
Dialogue ouvert à toutes les institutions, pour quelle
finalité ?
C’est dans cette ambiance délétère que l’opposition
politique s’invite à la table de négociations de Nairobi
prenant, dès lors, pour prétexte l’appel lancé par le
général déchu d’un dialogue ouvert à toutes les
institutions. Vers quels résultats s’attend-il au final
autour de l’élargissement des négociateurs alors qu’il
a déjà obtenu ce qu’il revendiquait hier, c’est-à-dire
les discussions directes avec le gouvernement?
Suffirait-il que le président de l’Assemblée nationale,
Vital Kamerhe et son collègue du Sénat, Kengo wa Dondo
se rendent à la table des négociations pour que les
choses évoluent comme par l’effet d’une baguette
magique ? On ne saurait le confirmer, la politique ayant
souvent des raisons que la logique ignore.
L’un des dirigeants d’un parti dit de l’opposition à
l’Assemblée nationale en l’occurrence, le RcdN Roger
Lumbala, s’est prononcé positivement sur radio Okapi au
sujet de cette proposition. C’est à croire qu’il
n’attendrait plus que la première occasion pour sauter
dans un avion et aller échanger avec Nkunda et
compagnie. Tout en estimant qu’il faille une
concertation de toutes les institutions du pays afin de
remédier à la situation à l’Est de la Rd Congo, il a
révélé ce qui suit : « Nous avons des pistes de
solution. Pour retrouver la paix dans l’Est de la
République démocratique du Congo, il faut que nous
soyons tous ensemble, toutes les institutions
confondues, l’exécutif et le parlement, pour que nous
discutions et nous donnions la vraie version de ce qui
se passe dans l’Est de la Rdc, pour que nous puissions
discuter valablement avec Laurent Nkunda, il y a intérêt
à ce que nous puissions être tous là. C’est ce qui a
fait qu’aujourd’hui le Cndp ne puisse pas signer ».
Comme on peut bien le constater, Roger Lumbala qui a
réussi à se faire politiquement un nom grâce aux armes
qu’il a prises d’abord derrière le Rcd avec Laurent
Nkunda, ensuite au RcdN avec l’appui militaire de son
ami, le chairman du Mlc, rejoint les positions de son
collègue député François Mwamba qui voit le gouvernement
de Kinshasa derrière le refus de Nkunda de signer la
paix.
Certes là où s’arrête le dialogue, dit-on, s’arrête la
démocratie. Un observateur averti de la politique
congolaise se pose cependant la question de savoir :
combien de rencontres faudrait-il encore pour que l’on
arrive à instaurer la paix en Rdc pendant que des
milliers des Congolais affectés par la faim, la maladie
et le traumatisme traversent les frontières nationales
pour se réfugier à l’étranger et ceux qui n’ont pas pu
le faire vivent dans des conditions infrahumaines sur la
terre nationale? Sans doute que c’est un cas de
conscience. Si réellement le Cndp avait un agenda clair,
il ne saurait persister dans la voie de la guerre à
moins bien sûr que la politique soit assimilée, pour sa
part, à une science occulte. Dans une attitude politique
où rien n’est donc clair, la ruse y sacrifiant toujours
la vérité et la raison, les intérêts supérieurs sont
malheureusement sacrifiés pour des raisons sectaires.
Dans les circonstances actuelles, l’inconnue est que
l’opposition politique supposée être le gardien de la
légalité se fasse l’allié objectif de Nkunda en
profitant de son éventuelle participation aux
pourparlers pour obtenir ce qu’elle n’arrive pas à
gagner par le rapport de forces.
On a signalé hier, la reprise le matin des affrontements
à Nyange près de Mweso à 140 km de Goma dans le Masisi
entre les éléments du Cndp et ceux des Maï Maï Mongols.
Ce dernier groupe a annoncé que ses positions ont été
attaquées par les nkundistes tandis que ceux-ci se sont
défendus en alléguant des opérations de police
militaire. De leur côté, les Patriotes résistants
congolais ont échangé des tirs à l’arme lourde avec les
rebelles du Cndp à Rutshuru. Le bilan de ces
affrontements n’a pas été communiqué.
Ndong.M.N |