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ENJEUX POLITIQUES
Le Cndp à la porte de l’Amp
L’accord
de paix signé, le 23 mars 2009, entre le gouvernement
congolais et le Cndp au terme d’âpres négociations
consacrerait indubitablement la recomposition du paysage
politique national. Les observateurs sont unanimes à
reconnaître que l’on doit s’attendre dans les prochaines
jours à de grands bouleversements au niveau de
l’appareil de l’Etat. Le processus de paix entamé depuis
la fin de la guerre du Nord-Kivu déclenchée, le 28 août
dernier par le mouvement rebelle, Cndp, et qui s’est
arrêtée de la manière formelle avec la décision du 15
janvier de l’état-major général du Cndp d’y mettre fin
est un facteur déterminant dans cette démarche. Etant
donné le fait que l’exécutif et l’ancien mouvement
rebelle qui s’est transformé en parti politique ont
finalement décidé de se mettre d’accord sur l’essentiel,
il est évident que toutes les conséquences de ce
rapprochement devraient être tirées. Quant à la
facilitation internationale qui est partie prenante dans
la signature de l’accord de paix gouvernement-Cndp, elle
appuie sans réserve le processus de rapprochement entre
les deux parties tant au plan diplomatique, politique
que militaire.
Ce faisant, la dernière ligne droite est déjà amorcée
jusqu’à l’aboutissement final bien que quelques écueils
apparents subsistent tel que le rejet par le Sénat après
adoption à l’Assemblée nationale du projet de loi sur
l’amnistie générale pour des faits de guerre au motif
que la mesure de clémence est jugée par trop
« sélective ». En attendant que la commission paritaire
du parlement se prononce sur la conciliation des
positions de deux chambres, il existe déjà une « base
juridique ». Il s’agit particulièrement de la lettre n°
0226/JFME84/D/CAB/KIN/J/2009 datée 9 février 2009 du
ministre de la Justice, Luzolo Bambi qui, en termes sans
équivoque, confirme « l’engagement du gouvernement
d’accorder l’amnistie aux membres des groupes armés
ayant opéré au Nord-Kivu et au Sud-Kivu notamment le
Cndp pour consolider la paix et assurer la concorde
nationale ». Le Procureur général de la République et
l’auditeur général des Fardc ont été instruits par ce
ministre « de ne pas engager des poursuites contre les
membres des groupes armés et d’arrêter celles déjà
initiées ».
Après le Rcd et bien d’autres…
Au plan purement politique, tout porte à croire qu’il se
dégage un consensus sur les principales questions entre
les deux parties. Il est, à cet effet, clairement
stipulé dans l’article 1 alinéa 3 de l’accord de paix du
23 mars 2009 ce qui suit : « … les parties acceptent le
principe de participation du Cndp dans la vie politique
de la Rdc. Les modalités en seront fixées d’un commun
accord ». Ce qui sous-entend l’implication effective de
cet ancien mouvement rebelle à la vie politique active.
Selon les dernières déclarations faites par Jean
Munyapenda, porte-parole du Cndp, son parti politique
entend se ranger du côté des détenteurs de l’imperium
pour arriver à introduire des réformes dont la Rd Congo
a énormément besoin pour son développement. Il est
entendu que cette profession de foi ne pourrait se
réaliser en dehors du circuit du pouvoir. D’où
l’éventualité de l’adhésion du Cndp à court terme à
l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp). Des
analystes le présagent. Aura-t-elle lieu ou pas ?
L’histoire ne tardera guère à le confirmer ou à
l’infirmer. Après le Rcd et bien d’autres, on croit
savoir que la machine électorale de Joseph Kabila ne
fait que se renforcer davantage.
Ndong.M.N.
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