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Plus d’excuses désormais pour Alan Doss
La Monuc autorisée à recourir à la force dans les Kivu
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Comme pour défier le Conseil de sécurité des Nations
Unies, le Cndp renforce ses positions dans le Nord-Kivu
Le
débat sur le mandat de la Mis-sion des Nations Unies au
Congo (Monuc) dont l’incessante prolongation est
devenue coutumière ainsi que sur le renforcement de sa
capacité d’action vient d’être provisoirement clos avec
la résolution 1856 adoptée à l’unanimité lundi dernier
par le conseil de sécurité des Nations Unies. Il
s’articule autour de quatre axes, par ordre de priorité
décroissant : protection des civils et du personnel
humanitaire ; désarmement et démobilisation des groupes
armés étrangers et congolais ; formation des Fardc à
l’appui de la réforme du secteur sécuritaire ; sécurité
du territoire de la Rd Congo. Dans le nouvel esprit,
l’Onu autorise la Monuc à utiliser la force pour le
maintien de la paix.
Tout porte à croire, dès lors, que plus
rien ne sera comme avant la dernière résolution de cet
organe onusien dans sa mission d’assurer la paix et la
protection de la population civile. Fortement critiquée,
la Monuc a, cette fois, l’occasion de traduire dans les
faits les objectifs lui assignés et de se dédouaner en
vue de redorer son image de marque ternie dans
l’opinion. Tenant compte de nouvelles orientations lui
tracées, aucun prétexte ne pourrait plus être avancé
pour justifier la fuite en avant des casques bleus
lorsque la population civile est exposée au massacre tel
qu’il en a été le cas dernièrement à Kiwanja.
Dans la philosophie de la résolution du
conseil de sécurité, la Monuc dont le mandat est
prolongé jusqu’au 31 décembre 2009 sera plus robuste et
a désormais le devoir de dissuader toute tentative de
recours à la force qui menacerait le processus de Goma
et de Nairobi, de la part de tout groupe armé étranger
ou congolais, en particulier à l’Est du pays. Elle a
aussi la mission de coordonner ses opérations avec
celles des brigades intégrées des Fardc déployées dans
l’Est du pays en vue de désarmer et démobiliser les
groupes armés de toute nature en étroite collaboration
avec le gouvernement congolais. S’agissant d’effectifs,
il est prévu d’atteindre le nombre de 19.815 militaires,
760 observateurs militaires, 391 personnels de police et
1.050 membres d’unités de maintien de l’ordre. Ce qui
est plus avantageux, c’est le fait que la résolution
demande à la Monuc d’accorder la priorité absolue à la
réponse à apporter à la crise des Kivu, en particulier
en ce qui concerne la protection de la population
civile.
Outre cela, il revient à la Mission des
Nations Unies au Congo en coordination avec les Fardc de
désarmer tous les groupes armés pour assurer leur
participation au processus de démobilisation et de
réinsertion et de « libérer les enfants attachés à
ces groupes armés ». A ce titre, elle est autorisée
à utiliser tous les moyens nécessaires pour s’acquitter
de sa mission. Ce dont redoutent le Cndp et autres
groupes apparentés qui ont fait de la guerre aux Kivu
leur fonds de commerce grâce auquel ils survivent.
Plus de sursis !
Au plan diplomatique, les Nations Unies
qui encouragent la mission des bons offices qu’effectue
l’émissaire spécial, Olusegun Obasanjo prie instamment
les gouvernements congolais, rwandais et d’autres pays
de la région de coopérer avec l’ancien président
nigérian pour résoudre la crise de l’Est du pays.
Cependant la prolongation du mandat de la
Monuc, le renforcement de sa capacité autant que
l’augmentation de ses effectifs n’auront de sens que si
tous les efforts sont déployés conformément à sa mission
en vue d’imposer la paix sur toute l’étendue du pays et
cela quel que soit le prix à payer. Alan Doss, le
représentant spécial du secrétaire général des Nations
Unies en Rd Congo, sera jugé à travers ce seul credo.
Mission possible pour les casques bleus qui ont intérêt
à colmater les brèches pour ne pas rater définitivement
le coche et effacer les mauvais souvenirs du passé
datant de 1960 et de guerres larvées actuelles. Cette
fois-ci, il n y a pratiquement pas de sursis.
La Monuc accuse le Cndp de renforcer ses
positions dans le Nord-Kivu
L’usage de la force s’avère de plus en
plus nécessaire au regard des sabotages de la part du
Cndp et d’autres groupes armés de toute initiative de
paix prise pour ramener les populations à la maison et
instaurer l’autorité de l’Etat, nécessaire pour asseoir
un Etat de droit. Ainsi, la Monuc a demandé mardi à tous
les groupes armés actifs dans l’Est du pays à s’abstenir
de tout acte menaçant et à respecter la cessation des
hostilités. La Monuc exhorte aussi tous les groupes
armés, particulièrement le Cndp et les forces du Pareco/Maï-Maï
à cesser tout renforcement ou mouvement des troupes qui
pourraient provoquer un regain des hostilités et
d’autres déplacements des populations. La Monuc est
également préoccupée par des preuves évidentes du
renforcement des troupes du Cndp le long des axes clés
de la province du Nord-Kivu.
Ndong.M.N. |