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Relations congolo-rwandaises
Kigali veut soustraire Nkunda de la justice congolaise
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Le gouvernement rwandais voudrait que les cas Nkunda
soit reglé politiquement comme il en a été pour d autres
chefs de guerre
L'affaire
de l'arrestation du général dé-chu, Laurent Nkunda,
jeudi 22 janvier 2009, vers 22 heures à Gisenyi, ville
frontalière du Rwanda avec Goma, au Nord-Kivu alors
qu il était en cavale avec certains de ses lieutenants
après l attaque de Bunagana par les forces coalisées des
Fardc et de l'armée rwandaise continue de susciter
plusieurs interrogations. L'annonce de cette nouvelle
on le sait a provoqué des réactions de satisfaction à
travers le pays ainsi quà l étranger particulièrement
de l Union européenne à travers un communiqué publié par
Louis Michel, commissaire européen au développement et à
l aide humanitaire et enfin par le département d Etat
américain. La même arrestation n a pas manqué non plus
de soulever une vive réaction du Mlc qui, liant cet acte
à l implication de l armée rwandaise aux opérations
militaires de la traque des Fdlr, s époumone à connaître
les dessous de l accord signé le 5 décembre 2008 à
Gisenyi entre la Rd Congo et le Rwanda.
Ce
qui est vrai, c est le fait que la mise en résidence
surveillé du chef rebelle du Cndp qui jusque-là,
constituait un élément déstabilisateur marque une étape
importante dans le parachèvement du processus de paix
dans le Kivu et dans la région des Grands Lacs. Triste
sort pour Laurent Nkunda un «seigneur de guerre» qui
croyait être le «cerveau» de l univers sans pourtant
savoir lire les signes de temps. Voilà qu il a été
rattrapé par l histoire avant que son front ne soit
ceint de la bande de chef suprême auquel il rêvait tant.
Selon des sources sûres, il lui aurait été conseillé au
moment de l attaque des forces coalisées de s enfuir en
Ouganda comme l ancien porte-parole du Cndp, Bertrand
Bisimwa. Lui avait plutôt choisi le chemin du Rwanda où
le piège s est refermé sur lui.
Un
test probant
L' occasion faisant le larron, le gouvernement congolais
a, comme de justesse, sollicité à celui du Rwanda
l' extradition de Laurent Nkunda en République
démocratique du Congo afin qu il soit jugé par les cours
et tribunaux compétents. Parallèlement à cette demande,
le commandement des opérations militaires au Nord-Kivu
en appelle aux trois bataillons qui seraient restés
fidèles au chef rebelle de réintégrer l armée régulière
sans conditions. Cependant, s agissant de la requête
d extradition du général déchu, Kigali n y a toujours
pas répondu officiellement. On observe, une certaine
impatience dans l opinion congolaise qui unanimement
tient à voir Nkunda être jugé soit par les juridictions
nationales soit par la Cour pénale internationale de La
Haye, où le dossier le concernant est jusqu ici mis sous
scellé.
Un
autre son de cloche soit du côté du Rwanda au sujet de
la même question. Le porte-parole de l armée rwandaise,
Jules Kutamara, a déclaré, à ce propos, qu il faut
donner une suite politique à l affaire Nkunda et non
«judiciaire». Ce qui crée un «trouble» dans les esprits
des observateurs. Dans l opinion, on considère que
Kigali ne serait pas du tout disposé à lâcher le chef
rebelle, autrement ledit porte-parole n aurait pas tenu
un tel langage.
A
bien considérer la situation, la demande d extradition
de Nkunda par le gouvernement congolais, en cette
période cruciale, est un test de bonne foi devant
prouver de la sincérité de Kigali à nouer des relations
de bon voisinage tenant en compte les intérêts communs
de deux pays. La nouvelle donne qui a pris place dans
les rapports bilatéraux entre Kigali et Kinshasa devra
normalement se concrétiser par des actions d e´clat telle
celle concernant l extradition du chef rebelle du Cndp
qui a endeuillé les populations congolaises et
empoisonné les relations entre les deux pays. Le refus
par le gouvernement rwandais de répondre positivement à
cette requête équivaudrait à attester que Paul Kagame a
un agenda caché qui ne dit pas son nom. A ce stade, la
carte Nkunda n est plus le joker gagnant à moins bien
sûr que Kigali trouve que‚«lâcher» Nkunda au profit de
Kinshasa serait lui donner l'occasion d ouvrir la boîte
de Pandore.
L' enjeu de la pacification du Kivu qui a notamment des
effets collatéraux dans la région des Grands Lacs est
tellement capital que toutes les zones d ombre devraient
être éclaircies par de nouvelles attitudes politiques
autrement les bonnes intentions risquent d être
annihilées par la mauvaise volonté politique.
Ndong.M.N.
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