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Le franc congolais
replonge face à la monnaie américaine
Le dollar Us est déjà à 710 francs congolais !
Deux
semaines après la chute spectaculaire du franc
congolais, qui avait atteint la barre névralgique de 800
francs congolais pour 1 dollar américain, la monnaie
congolaise semble être loin d’afficher sa santé d’il y a
quelques mois où elle s’était stabilisée à 600 francs
pour 1 dollar américain. En effet, les échos qui nous
parviennent du marché de change renseignent que la
monnaie nationale est entrain de perdre de nouveau du
terrain face aux principales devises étrangères
notamment face au dollar américain. Le tableau indicatif
de change affiché hier lundi 26 janvier 2009 aux
guichets des agences Western Union indiquait le taux de
705 francs congolais pour 1 dollar américain alors qu’il
y a à peine une semaine le taux oscillait aux alentours
de 650 francs congolais pour 1 dollar américain. Le taux
de l’avenue Lukusa a affiché 707 francs congolais,
tandis que à la cité le dollar us se vend à 690 ou 700
Fc.
Ce mouvement oscillatoire du franc congolais face à la
devise américaine ne présage pas des lendemains
meilleurs pour les opérateurs économiques ainsi que pour
les ménages dans la mesure où l’économie nationale est
fortement liée à la devise américaine. La moindre
fluctuation du franc congolais par rapport au dollar
américain emporte des conséquences incalculables sur le
marché congolais. Etant donné que l’économie congolaise
est extravertie et dépend en grande partie des
importations, les opérateurs économiques souffrent de
l’instabilité du taux de change du franc congolais parce
que celle-ci les empêchent de fixer un prix réel sur le
marché où ils ont l’obligation de fixer le prix en
monnaie locale. La fluctuation du taux de change peut
conduire à d’énormes pertes même si, on le sait, les
opérateurs économiques oeuvrant sur le marché congolais
pratiquent de taux de change anormalement exorbitants
pour couvrir tous risques liés à la fluctuation de la
monnaie locale.
Les opérateurs économiques exemptés, c’est aux pauvres
consommateurs congolais que revient l’ingrate tâche de
supporter le mauvais comportement de la monnaie locale
sur le marché de change. Les prix des produits de
première nécessité prennent de l’ascenseur et se
maintiennent à un niveau beaucoup trop élevé pour les
bourses congolaises. Les consommateurs congolais qui
n’ont pas l’habitude de se plaindre, ont déjà fait les
frais de plongeon spectaculaire d’il y a deux semaines
puisque les prix qui avaient pris de l’ascenseur pendant
cette période sont restés à ce niveau malgré la relative
reprise du franc congolais par rapport au dollar.
C’est dire que le gouvernement est appelé à mener une
double action pour résoudre cette crise liée à la
dépréciation continuelle du franc congolais par rapport
aux devises étrangères. Le Premier ministre doit mener
une politique économique cohérente susceptible d’avoir
de l’effet sur le franc congolais d’une part et de
l’autre, il doit mener des actions de contrôle
économique pour dissuader tout comportement spéculatif.
Sur le plan économique, il est plus que temps, pour le
gouvernement, d’imaginer une politique de maîtrise de la
masse monétaire en circulation doublé d’une politique de
paiement ultra-contrôlée. L’injection des dollars
américains sur le marché pour éponger la masse de franc
congolais sur le marché est une opération qui comporte
ses limites parce que la Banque centrale ne dispose pas
d’une réserve suffisante en devises américaines pour
intervenir à chaque fois sur le marché. La crise
financière internationale, ayant sévèrement atteint les
industries pourvoyeuses des devises, ne permettra pas à
la Banque centrale de tenir pendant longtemps. Muzito
est donc appelé à trouver des mécanismes économiques
susceptibles de l’aider à résoudre cette crise.
Toute solution économique, si crédible soit-elle, ne
réussira pas à atteindre ses objectifs aussi longtemps
qu’aucun contrôle n’est assuré sur terrain pour veiller
à la stabilité des prix. Les opérateurs économiques
abusent de leur position et les affichent en référence à
un taux très élevé, ils ne prennent nullement la peine
de les adapter à la fluctuation du taux de change dans
le sens de la baisse. C’est dire qu’un contrôle strict
s’avère nécessaire surtout en cette période où tous les
indicateurs affichent rouge et où l’on tend vers un
nouveau scénario fluctuant de notre monnaie nationale.
Charles Mukonkole
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