Elu président de l’Assemblée nationale en remplacement de Vital Kamerhe
Evariste Boshab préside sa première plénière ce lundi

C’est ce lundi 27 avril 2009 à 10 heures, que le Professeur Evariste Boshab, le tout nouveau président de l’Assemblée nationale, présidera sa toute première séance plénière depuis son élection à la tête de la chambre basse du Parlement. Au-delà de la symbolique, pour l’homme et l’institution car il s’agira de scruter ses faits et gestes pour dégager la ligne de démarcation entre lui et son prédécesseur, la séance plénière d’aujourd’hui marquera véritablement le début de la session ordinaire de mars 2009, du moins sur le plan du travail parlementaire proprement dit. En effet, un mois et demi après l’ouverture de la présente session ordinaire, la chambre basse du Parlement n’a produit aucun travail parlementaire ni sur le plan de la production législative ni encore sur celui de contrôle.
S’il est vrai que la crise qui avait fortement secoué cette institution avait empêché tout travail parlementaire, en raison du principe selon lequel la politique tient le Parlement en l’état, on ne peut s’empêcher de constater que l’Assemblée nationale accuse un retard criant par rapport aux nombreux dossiers qui étaient restés pendants à la clôture de la session extraordinaire de décembre 2008 ainsi que par rapport aux textes déjà examinés au Sénat depuis la rentrée et qui attendent la deuxième lecture de la chambre basse. Il y a donc lieu de voir le nouveau bureau mettre les bouchées doubles pour arriver à présenter un bilan on ne peut plus passable à la clôture de cette session puisque c’est par la production législative et les missions de contrôle que le travail d’une chambre parlementaire est apprécié.

Les priorités
Parmi les textes à examiner en priorité, l’on retiendra d’abord le projet de loi sur l’amnistie pour les faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. L’on se souviendra que ce texte a été examiné et adopté par l’Assemblée nationale lors de sa session extraordinaire de juin 2008. Envoyé au Sénat en deuxième lecture, ce projet n’a finalement été examiné qu’au début de ce mois. Mais pour n’avoir pas obtenu la majorité absolue requise, le texte n’a pas été adopté à la chambre haute du Parlement. D’ou, l’Assemblée nationale est donc obligée de se rasseoir autour d’une table avec le Sénat, par l’entremise d’une commission mixte paritaire, pour examiner les causes du désaccord et proposer un texte unique à adopter par les deux chambres. Ce travail doit être fait en priorité dans la mesure où la loi sur l’amnistie pour les faits ci-haut précisés revêt un caractère urgent indéniable ; elle est la clé de voûte de l’acte d’engagement de Goma. A ce titre, cette loi sur l’amnistie doit être votée par le Parlement pour témoigner de l’engagement du gouvernement congolais à faire la paix en sécurisant les acteurs qui ont pris une part active dans ce conflit et de ce fait, à abréger, tant soit peu, les souffrances de ces populations.
Evariste Boshab doit aussi mettre l’accent sur la loi fixant les limites de la mer territoriale, adoptée au Sénat la semaine dernière. Cette loi a pour avantages non seulement le fait de fixer les limites de notre mer territoriale par rapport à nos voisins dont l’Angola, mais aussi elle permettra à notre pays d’exploiter les richesses enfouies sous le fond de notre mer territoriale. Cette loi est également prioritaire. Le nouveau bureau devra donc s’y atteler. En dehors de ces deux lois, la chambre basse du Parlement devra aussi examiner les lois qui sont encore au niveau des commissions permanentes, notamment la loi sur la commission électorale nationale indépendante et la loi fixant les règles relatives à l’organisation et à la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire, qui sont d’une importance capitale.

Du pain sur la planche
Sur le plan du contrôle de l’exécutif, le bureau dirigé par Evariste Boshab a du pain sur la planche. Il lui faudra d’abord trancher la question de l’interpellation du Premier ministre Adolphe Muzito dont les textes, élaborés séparément par Lissanga Bonganga, Roger Lumbala et François Muamba, ont été déposés au bureau bien avant sa prise de pouvoir. L’opposition ne manquera pas de préciser au nouveau bureau que l’interpellation du gouvernement passe en priorité. De ce fait, Evariste Boshab sera très attendu sur cette question parce qu’il s’agira pour lui de se débarrasser de son costume de Secrétaire général du Pprd pour habiller celui de Président de l’Assemblée nationale. Or, c’est sur ce terrain qu’il est très attendu par l’opposition qui voit en lui l’ex- candidat du chef de l’Etat à ce poste donc susceptible de protéger l’exécutif. Comment réagira t-il face à cette question? L’avenir nous le dira.
Une série d’autres initiatives de contrôle se trouve aussi sur la table du nouveau Président notamment les interpellations des ministres Alexis Thambwe Mwamba et Lambert Mende dont les propos, au temps fort de la crise entre l’exécutif et l’Assemblée nationale n’avaient pas plu aux élus. Le premier est accusé d’avoir manqué du respect et exposé les députés nationaux devant des étrangers à Goma lors de la cérémonie du retrait des troupes rwandaises de notre sol tandis que le deuxième est taxé de laxisme et de déviationnisme dans la gestion de la presse officielle lors de ce long épisode qui a vu les medias officiels notamment la Rtnc être utilisés par les anti Kamerhe, en tenant parfois des propos qui n’ont pas plu certains élus.
Ce sont donc toutes ces initiatives de contrôle et ces textes de lois qui attendent Evariste Boshab dès ce lundi à l’hémicycle du Palais du peuple. Il s’agira pour lui, d’un véritable baptême de feu tant est si vrai que l’opposition l’attend au tournant malgré son discours fédérateur tenu lors de la campagne et de son investiture. Les rancœurs sont encore profondes auprès de ceux qui voyaient en Kamerhe un allié objectif grâce à qui ils pouvaient passer leurs discours parfois très tranchés dans l’hémicycle du Palais du peuple. Mais à scruter de près la volonté exprimée par le nouveau président lors de son installation, les opposants et tous ceux qui veulent faire du populisme à l’Assemblée nationale vont vite déchanter puisque Boshab s’est engagé à rationaliser le travail parlementaire et à y extirper le populisme qui y avait élu domicile.
Charles Mukonkole



 




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Aussi Sur Nyota.net, Lundi 27 Avril 2009