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Après Dominique Strauss-Khan
Le député Jean Bamanisa veut auditer les contrats
chinois
L’élu
de Kisangani a profité du passage à Kinshasa du
Directeur général du Fonds monétaire international pour
relancer, au sein de la chambre basse du Parlement, le
dossier controversé des contrats chinois, qui ne cesse
de faire tant des vagues entre Kinshasa et les
institutions de Bretton Woods. En effet, l’on se
souviendra que l’Assemblée nationale avait examiné ce
contrat l’année passée et avait formulé un certain
nombre de recommandations à l’endroit du Gouvernement
pour une meilleure exécution de ce contrat.
Alors que les élus semblaient avoir oublié ces contrats
observant le début des travaux des infrastructures par
ci par là, voilà que Jean Bamanisa Saidi, transfuge du
groupe parlementaire Forces du centre (Udemo et alliés),
vient de déterrer la hache de guerre en demandant, dans
la version originale de sa motion, à l’Assemblée
nationale de se saisir de ce contrat et de le réexaminer
à la lumière des exigences de nos partenaires
traditionnels extérieurs représentés par le Fmi et la
Banque mondiale.
Pour Jean Bamanisa, il est plus que temps de poser le
problème de la dette extérieure de notre pays dont les
intérêts, évalués à 700 millions de dollars, l’alourdit
et freine le développement du pays puisque l’essentiel
des ressources (50 millions de dollars Us déboursés
mensuellement par le trésor public au profit du Fmi) est
affecté au remboursement de celle-ci. Ce service de la
dette, couplé à l’inexistence d’un programme formel
entre notre pays et le Fmi, empêche à la Rdc de
bénéficier des allégements entendus dans le cadre des
pays Ppte, car l’admissibilité à ces facilités dépend du
point d’achèvement. Or, celui-ci ne peut être atteint au
stade actuel où le pays n’arrive pas à satisfaire aux
exigences toujours très serrées du Fmi qui se plaint
notamment de la non maitrise des finances publiques.
Mais au-delà de ces problèmes de gestion des finances,
les torchons brulent sur la question des contrats
chinois considérés par le Fmi comme un obstacle à la
conclusion d’un accord formel avec la Rdc. L’institution
de Breton Wood considère que ces contrats sont plus
politiques qu’économiques puisque leur exécution en
l’état actuel débouchera sur un alourdissement de
l’endettement alors que l’objectif poursuivi par la
communauté internationale est d’alléger la dette du
pays. Il serait donc, selon le Fmi, insensé d’alléger la
dette, d’une part, alors que, de l’autre, les contrats
chinois l’alourdiront pour plusieurs années. C’est ce
point de vue du Fmi qui a poussé le député national Jean
Bamanisa à demander le réexamen de ces contrats par la
chambre basse.
Cette position n’a pas été suivie par la plénière qui
n’a pas voulu endosser une action anticonstitutionnelle
dans la mesure où il ne rentre pas dans les attributions
du pouvoir législatif de négocier, voire renégocier des
contrats. Cela revient au Gouvernement de le faire, ont
soutenu Christophe Lutundula soutenu par François Mwamba.
Ce dernier, qui a reconnu l’impossibilité pour leur
chambre de réexaminer les contrats chinois, a fait la
proposition de convoquer les ministres concernés pour
qu’ils viennent expliquer à la représentation nationale
le niveau d’exécution de ces contrats. Cette voie a été
suivie par la plénière qui s’attend donc à recevoir dans
les prochains jours le ministre des Infrastructures et
reconstruction accompagné de son collègue des Finances.
Le gouvernement réexamine déjà les contrats chinois
Mais force est de reconnaître que sans attendre
l’initiative parlementaire, le gouvernement avait déjà
pris la décision de réexaminer avec les partenaires
chinois, certaines clauses de ce contrat. Le Directeur
général du Fmi lui-même a dévoilé, lors de sa dernière
visite dans notre pays, que les contrats chinois sont
aussi nécessaires que la conclusion d’un accord formel
avec son institution. On peut donc comprendre que
l’heure est à l’adéquation entre les contrats chinois et
la conclusion d’un accord, car le pays a besoin de l’un
et de l’autre.
Malheureusement, dans cette affaire, on a comme
l’impression que l’hypocrisie a pris le dessus sur les
réalités. Les contrats chinois deviennent plus un
prétexte au service des adversaires de la Rdc qu’un
argument économique de taille. On se pose la question de
savoir ce qu’aurait été le comportement du Fmi à
l’absence de ces contrats. On peut mettre la main à
couper que le Fmi aurait trouvé toujours des excuses
pour recaler la conclusion d’un accord. Le gouvernement
a déjà beaucoup fait dans le sens de convaincre le Fmi.
Il parait que les discussions sont dans une bonne voie.
C’est très bien. Mais là où les bas blessent, c’est que
le pays risque d’entrer dans une phase coûteuse des
négociations sans fin avec le Fmi. Il y a risque de
plonger dans des négociations du genre Union
européenne-Turquie. Tous les Congolais doivent savoir
que devant le refus de voir un ami vous assister, il est
plus suicidaire, pour les membres d’une même famille, de
se jeter mutuellement des pierres que de se mettre
autour d’une table en famille et réfléchir sur la façon
de sortir de la crise. Si on ne peut pas bénéficier de
l’assistance du Fmi, on ne doit pas, pour autant,
croiser les bras. Et si les contrats chinois sont un
moyen pour nous permettre de sortir de l’engorgement, la
Rdc doit saisir cette opportunité. De toutes les façons,
qu’on le veule ou pas, on n’obtiendra pas grand-chose,
comme d’habitude depuis les années 80, de cet accord
formel avec le Fmi. Ou bien, nous devons pleurnicher à
jamais ou bien nous devons travailler. Quitte à nous de
choisir. M’zee Kabila l’avait compris en demandant au
peuple de se prendre en charge.
Charles Mukonkole
En perspective des futures élections
La composition de la Ceni divise opposition et majorité
La chambre basse du Parlement a clos,
hier mardi 26 mai 2009, le débat organisé autour du
rapport de la commission des Relations extérieures
chargée d’examiner en profondeur le projet de loi
portant organisation et fonctionnement de la Commission
électorale nationale indépendante. Un délai de 24 heures
a été accordé, à cet effet, aux députés nationaux pour
qu’ils déposent les amendements au texte de loi. Le même
délai de 24 heures a été accordé à la Commission pour
examiner les amendements qui seront déposés. En cumulant
le tout, on aboutit à un délai de 48 heures entre la fin
du débat et le vote de ce projet, article par article.
Mais l’examen de ce rapport a tout de même permis aux
élus de donner quelques orientations à la commission
afin d’enrichir le texte. Un certain nombre des
préoccupations ont été soulevées par les élus qui n’ont
pas manqué de relever la pertinence de ce projet de loi
qui, une fois votée, dotera le pays d’une machine
électorale qui se veut être la plus efficace possible
puisque la Ceni reposera sur une petite structure
politique mais indépendante, chapotant une
administration permanente. La volonté exprimée par le
législateur étant d’éviter les erreurs du passé tout en
consolidant la démocratie à travers cette structure.
Si tout le monde s’accorde à souligner la pertinence de
disposer d’une machine électorale efficace et
équilibrée, les positions ne sont pas alignées quand il
s’agit de doter cette structure d’organes qui lui
permettront de fonctionner et d’atteindre le but qui lui
a été assigné. En effet, opposition et majorité ne se
mettent pas d’accord sur la composition de l’organe
plénier de la Ceni. Pour les opposants, le texte, tel
que proposé en l’état par la commission, ressemble comme
deux gouttes d’eau à la configuration de la Cei où le
bureau était seul habilité à contrôler les activités du
centre national de compilation des résultats, a affirmé
François Mwamba lors d’un entretien avec la presse après
la clôture du débat. Le Secrétaire général du Mlc a
relevé que ce pouvoir laissé à la seule autorité du
bureau a été au cœur des nombreux abus décriés lors des
différents scrutins organisés en 2006. Pour lui, le
bureau de la Cei pouvait se permettre de modifier les
résultats sans que personne ne s’y oppose.
C’est pourquoi, il a souhaité voir la plénière revoir la
composition de l’Assemblée générale de la Ceni qui doit
comprendre, selon lui, 33 membres au lieu de se
contenter des seuls 7 membres du bureau. Les 26 membres
qui viendraient compléter l’effectif de cet organe
seraient les responsables provinciaux des 26 provinces
du pays. Ceux- ci assisteraient aux travaux de cet
organe munis de leurs résultats qu’ils auront, au
préalable, compilé et publié de manière indépendante par
rapport à la structure centrale. Au clair, le député Mlc,
porte-voix d’une catégorie de l’opposition, la plus
radicale, milite pour la décentralisation de la Ceni
qui, au niveau provincial, devra avoir tous les
attributs dévolus à la Ceni au niveau central.
Cette position n’est pas celle de la majorité encore
moins d’une partie de l’opposition qui ne comprend pas
l’acharnement du Mlc qui s’obstine à bloquer un texte
pour lequel le consensus n’est pas chose impossible. En
effet, les revendications du Mlc sont assis sur des
affirmations gratuites et douteuses dans la mesure où,
même certains opposants le reconnaissent en coulisse,
chaque candidat qui avait eu des témoins dans tous les
centres de vote connaissait déjà ses résultats, lesquels
ont été publié par après à Kinshasa. Le problème ne se
situe pas au niveau de la structure mais aussi au niveau
des candidats dont certains n’avaient pas réussi à
déployer des témoins partout. En outre, il est facile
d’accuser le bureau de la Cei d’avoir triché car, dans
ce jeu, s’il était permis d’éventrer le boa, ceux qui
accusent aujourd’hui risquent d’être désillusionnés.
La bataille pour le politique congolais doit cesser
d’être une bataille personnelle pour devenir une
bataille du peuple, car ces textes doivent être conçus
en tenant compte des générations futures et non des
considérations partisanes. Le Mlc veut amener les élus à
tailler un costume au goût de leur leader comme il avait
fait avec la loi portant statut de l’opposition qui
peine à être appliquée jusqu’aujourd’hui et qui freine
toute une institution, l’opposition, reconnue
constitutionnellement, de fonctionner et de revendiquer
sa place dans la démocratie congolaise. La crainte de
l’Abbé Malu Malu ne doit pas justifier des fuites en
avant dans la mesure où ce n’est pas le prélat qui avait
voté. C’est le peuple qui avait voté et désavoué le Mlc.
C’est ce peuple qu’il faudra convaincre en 2011. Il ne
sert à rien de se refugier derrière les combines.
Charles Mukonkole
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