Avec l’arrestation de Jean Pierre Bemba et la défenestration de José Makila
François Mwamba s’affiche comme le seul maître du Mlc
L’ancien mouvement militaire Mlc, reconverti en parti politique par la magie des accords de Sun City, est en train de connaître une période tumultueuse de sa jeune histoire. D’une part, son président, Jean-Pierre Bemba, est aux arrêts depuis le 24 mai 2008 et sa situation à La Haye n’augure pas de lendemain meilleur pour lui. D’autre part, son cousin José Makila Sumanda, gouverneur élu de la province de l’Equateur, vient d’être défenestré de ce poste par l’Assemblée provinciale de l’Equateur, pourtant majoritairement Mlc, pour une affaire de détournement de fonds publics.
Cette situation met le parti cher au chairman dans une position très inconfortable dégageant le manque d’unité en son sein. Sinon, il ne serait pas facile que l’homme qui s’affichait déjà comme le successeur désigné de Jean-Pierre Bemba au cas où La Haye ne portait pas bonheur à ce dernier puisse aussi vite s’écrouler dès le premier coup de vent. Ce qui nous rappelle aussi les défaites électorales enregistrées par les poulains du chairman lors des élections des gouverneurs de province en février 2007, principalement à Kinshasa et dans le Bas-Congo. En dépit de la majorité parlementaire dont bénéficiait le Mlc, les candidats du Mlc et alliés étaient battus.
Déjà, en ce moment-là, des fissures s’affichaient au sein du parti. A Kinshasa comme dans la province de l’Equateur, bon nombre de membres du parti n’étaient pas d’accord avec les choix portés par le chairman sur Adam Bombole à Kinshasa, et José Makila pour la province de l’Equateur. A Mbandaka, la guerre était même ouverte parce que le chef du parti avait présenté, plutôt imposé José Makila tandis que d’autres membres non les moindres avaient choisi le ticket Bolenge-Egbake. Il a fallu un forcing du chairman pour que José Makila s’impose aux députés électeurs.
Quelle que soit la décision de justice qui pourrait sortir de la Cour d’Appel et peut-être aussi de la Cour suprême de Justice, le gouverneur déchu ayant déposé un recours, José Makila en sort politiquement affaibli et ses ambitions de diriger le parti à la place de son prisonnier de président sont sensiblement réduites.
Avec cette situation, François Mwamba Tshishimbi, secrétaire général du parti qui agit actuellement au nom de son président du parti, se retrouve en position confortable. L’inspecteur général du parti qu’est José Makila ne pourrait pas lui faire ombrage étant donné que son impopularité vient de s’exprimer suffisamment à travers son désaveu par sa base de la province de l’Equateur.
Il suffit de bien regarder François Mwamba dans ses différentes prestations de ces derniers temps pour se rendre compte qu’il se prend déjà au sérieux et ne manque pas certainement à pousser désormais ses ambitions à la hausse. Quand il parle présentement, il prend le ton présidentiel. Il a fallu le suivre lors de sa dernière prestation où il avait oublié de nous inviter, pour se rendre compte que l’homme ne croit plus à une quelconque libération rapide de Jean-Pierre Bemba, même s’il s’est époumoné à garder de l’espoir tout en parlant de la politisation du cas Bemba.
Si telle serait sa conviction intérieure, le secrétaire général du Mlc ne serait pas le seul à ne plus croire en la libération rapide du chairman. Ses avocats, convaincus de l’existence des faits accablants contre le chairman, se sont contentés de rejeter la balle dans le camp de l’ancien président centrafricain, Ange Patasse. Cette stratégie ne semble pas pouvoir payer en faveur de Jean-Pierre Bemba qui risque, faute de preuves accusant Ange Patasse comme ayant donné des ordres des crimes commis à Bangui, de connaitre un procès dont l’aboutissement pourrait nécessiter encore plusieurs années.
Entretemps, ce sont les élections municipales qui seront certainement organisées au pays durant cette année ou en 2010 ; et les élections générales (présidentielles, législatives et autres) en 2011.
Qui représentera alors le Mlc à l’élection présidentielle de 2011 ? Seul chef du parti désormais, sauf virage politique de dernière minute, François Mwamba Tshishimbi est bien positionné pour poste à la magistrature suprême. Et il le sait, et jouerait certainement aussi pour cela. C’est tout à fait légitime. Mais pas facile pour lui. D’abord au niveau de son propre parti, il doit batailler dur pour se faire accepter par tous. Ensuite, au niveau national, il a encore du chemin à parcourir, très très long chemin à franchir.
On supposerait que l’affaiblissement politique du leader de l’Udps, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, pourrait aussi jouer en sa faveur, en comptant sur les caciques de ce dernier, étant du même village de Kabeya Kamwanga que l’ancien lider maximo de l’opposition.
L’arrestation de Jean-Pierre Bemba, la défenestration de José Makila de son poste de gouverneur de province, l’affaiblissement et le manque d’ambition politique d’Etienne Tshisekedi, tout joue en faveur de François Mwamba. Mais, il doit savoir jouer d’abord à l’unificateur au sein de son parti où des têtes telles que Sessanga et autres ne manqueront pas de porter ombrage à son ascension.
La République



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