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Reprise des travaux
hier à l’Assemblée nationale
Boshab réussit son examen de passage quand Kamerhe joue
aux abonnés absents
Evariste
Boshab, président de l’Assemblée nationale depuis une
semaine très exactement, a présidé hier lundi 27 avril
2009, sa première séance plénière en qualité de speaker
de la chambre basse du Parlement, au lendemain de sa
prise de fonctions. Si des petites inquiétudes, somme
toute normale, persistaient encore à quelques heures du
début de cette séance plénière auprès des élus et de
l’opinion sur les capacités du nouvel homme fort de
l’Assemblée nationale à maîtriser cette patate chaude
qu’est parfois la chambre basse, force est de
reconnaître que celles-ci se sont complètement dissipées
à l’entame de la plénière d’hier. En effet, l’ancien
secrétaire général du Pprd a réussi à faire taire toutes
les mauvaises langues en dirigeant de main de maître
cette plénière test non sans avoir pris soin, au
passage, d’éviter les pièges politiques qui lui ont été
tendus par certains intervenants soucieux de scruter son
comportement à l’abordage des questions politiques
sensibles.
En politicien soucieux de rompre avec l’ordre établi,
Evariste Boshab a marqué les esprits puisqu’aux
habituels retards du bureau, le professeur de droit
constitutionnel a répondu par une ponctualité à faire
pâlir d’envie ceux qui croyaient que les travaux à la
chambre basse du Parlement étaient indubitablement
marqués du sceau du retard et de l’irrationalité. Boshab
et son bureau ont tranché avec l’ordre ancien en se
présentant à 10 heures précises dans l’hémicycle du
Palais du peuple alors que le quorum exigé n’était pas
encore atteint. Renversant la pyramide, Evariste Boshab
a préféré, en bon serviteur, attendre les élus plutôt
qu’à se laisser désirer. Visiblement, la méthode a
marqué les députés qui charrient encore les tares de
l’ancien système populiste et affichiste de l’ancienne
équipe puisqu’il a fallu attendre plus d’une heure pour
voir le quorum être atteint et les travaux débuter sous
la houlette d’un Evariste Boshab très rassurant. L’autre
manifestation de la rupture a été sans conteste la
sérénité qui avait marqué les travaux d’hier. Dans un
style plus réfléchi, on ne peut plus académique, le
nouveau président a marqué son territoire en renvoyant
les motions, dont tout le monde connaît le caractère
parfois folklorique, à la fin de la séance préférant
mettre l’accent sur le travail parlementaire proprement
dit. Il a en outre accentué la différence de son
approche en s’opposant à la pratique de la convocation
spontanée des sessions extraordinaires, chère au bureau
sortant. Pour Boshab, il convient d’accorder aux députés
le temps nécessaire pour se reconstituer physiquement
mais aussi et surtout pour communier avec leurs bases.
Ces quelques mesures ajoutées à celle relative à la
gestion rationnelle du temps de parole ont emporté
l’assentiment des élus.
Pour une rupture, il faut avouer que Boshab et son
bureau en ont véritablement proposée une. Il ne reste
plus qu’à soutenir l’effort et à ne pas relâcher puisque
le plus grand danger qui guète les réformateurs, c’est
l’essoufflement. C’est ce qu’on va voir et les
sceptiques, à l’instar de l’Honorable Bapolisi, ont déjà
annoncé la couleur en demandant au président de la
chambre basse du parlement de mettre à la disposition
des élus tous les discours qu’il a prononcés depuis son
investiture afin qu’ils suivent pas à pas les promesses
qu’il a faites aux élus. Si l’intention est noble, il
faut cependant souligner la hargne qui se cache
derrière. Lui veut reformer, nous nous allons faire la
comptabilité. C’est cela aussi le jeu politique et
Boshab en est parfaitement conscient.
Mais qu’à cela ne tienne, la plénière d’hier a été
consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport du
groupe technique de travail chargé des opérations
électorales, à l’adoption des procès verbaux numéros
113/AN/SO/MARS/2009 et 114/AN/SO/MARS/2009 des séances
plénières du 17 et 20 avril 2009. Mais le point le plus
important qui a été traité à la plénière d’hier est
l’adoption du calendrier des travaux de la session
ordinaire de mars 2009. Sur ce point précis, le bureau a
présenté un calendrier assoupli, justifiant cette option
par le peu de temps qui reste à courir d’ici la clôture
de la présente session, soit 45 jours. Dans cette
optique, le bureau a préféré retenir au calendrier les
projets et propositions de lois dont les textes sont
réellement déposés au bureau. Ce choix a aussi été
motivé par le souci de prioriser les matières ayant un
lien direct avec soit les reformes, soit le vécu
quotidien de la population.
Pour se mettre en phase avec les exigences de la gestion
efficace de l’Etat et de la population, les élus ont
justement amendé ce projet en y inscrivant certaines
matières dont le projet de budget de l’Assemblée
nationale pour l’exercice 2010, la proposition de loi
portant mise en œuvre du statut de Rome sur la Cour
pénale internationale, l’examen et l’approbation du
règlement financier de l’Assemblée nationale, la
proposition de loi sur la police et le point relatif au
collectif budgétaire. Les députés ont également demandé
à leur bureau de retenir la proposition de loi de leur
collègue Mutumbe sur la gestion et la protection de
l’environnement préféré au projet de loi du gouvernement
sur la même matière, déposé après la proposition de loi
du député national. L’Honorable Bamanisa a réussi à
faire inscrire la loi sur la protection de l’Agriculture
ainsi que le contrôle de la Banque centrale du Congo,
des entreprises publiques et des ministères tandis que
la proposition de loi sur l’abolition de la peine de
mort a été renvoyée aux calendes grecques tout comme il
a été demandé au député national Okundji de l’Odr de
renouveler la collecte des signatures pour
l’interpellation du ministre des Affaires étrangères
étant donné que ce dossier n’a pas été transmis au
nouveau bureau lors de la remise et reprise.
Tout compte fait, Boshab a réussi son pari et l’on peut
espérer que la chambre basse est entre de bonnes mains
comme pour corroborer le Président de la République qui
avait été visionnaire en affirmant que nul n’est
indispensable. Malheureusement, certaines convictions
s’entêtent à ramer à contrecourant de l’histoire, car à
l’occasion de la plénière de ce lundi, les personnalités
qui se croyaient indispensables au bureau de l’Assemblée
nationale ont préféré bouder la plénière. Au premier
rang de celles-ci on a déploré l’absence de l’ancien
speaker de la chambre basse alors que tous les anciens
membres de son bureau étaient présents. Il n’y a que
Vital Kamerhe qui a séché les travaux présidés par son
successeur. Sûr que l’ancien maître de la chambre basse
médite encore sur les leçons de son échec.
Charles Mukonkole
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Aussi Sur Nyota.net, Mardi 28 Avril 2009
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