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Autour de la bouderie des contrats chinois par le Fmi
Le scénario catastrophe en marche
- Ouverture hier à Kinshasa de la 8ème session de la
grande commission mixte Rdc-Chine devant redéfinir les
grands axes de la coopération économique, financière,
infrastructurelle et d’échanges
Dans
les cercles politiques et dans l’opinion, les
conversations tournent depuis le début de la semaine
autour des résultats mitigés de la visite effectuée, du
23 au 25 mai dernier à Kinshasa, par le directeur
général du Fonds monétaire international (Fmi),
Dominique Strauss-Kahn. Autant le bilan de ce voyage
suscite la controverse au sein de la classe politique
autant il donne l’occasion de véhiculer des spéculations
de tout genre au point de détourner l’attention sur les
véritables enjeux de la question. Du point de vue de la
Banque mondiale et du Fmi, deux points continuent à
poser problème. Outre les dépenses militaires, il y a
fondamentalement les contrats chinois pour lesquels le
Fmi juge qu’on ne peut consentir un allègement
substantiel de la dette congolaise alors que, dans le
même temps, le gouvernement congolais se ré-endetterait
auprès de la Chine, en accordant la garantie de l’Etat
aux contrats passés avec les sociétés chargées de
réaliser les travaux d’infrastructures.
Pour sa part, le gouvernement congolais a estimé de la
bouche du Premier ministre, Adolphe Muzito que d’ici
juillet prochain, son équipe pourrait réussir à
concilier les deux projets considérés jusqu’à présent
contradictoires, celui de permettre au pays d’atteindre
enfin le fameux point d’achèvement, aboutissant à
l’allègement substantiel du paiement des intérêts de la
dette et accepter les contrats chinois, essentiels pour
le développement des infrastructures (routes, hôpitaux,
écoles, logements sociaux) et l’exécution du programme
des 5 chantiers tel qu’initialement planifié. Cela
constitue un véritable poids d’autant plus que le
service de la dette absorbe chaque mois quelque 40
millions de dollars Us, une ponction freinant notamment
le fonctionnement des secteurs sociaux (santé et
éducation) et celui de la sécurité, essentiel à la
stabilisation du pays. Les deux parties pourraient-elles
concilier leurs positions ? C’est là la grande question
au regard des desseins inavoués des institutions de
Bretton Woods qui donneraient l’impression d’être des
« enfants de chœur » pour les seuls beaux yeux des
Congolais.
Le complot
Dans les milieux généralement bien informés, on
considère que depuis l’accession de Joseph Kabila au
pouvoir, toutes les promesses qui ont été faites par la
communauté internationale en matière des finances
notamment celle d’un soutien de 500 millions de dollars
Us au budget de l’Etat sur trois ans, ainsi que celle
d’un accompagnement vers l’énigmatique point
d’achèvement de l’Initiative PPTE sont restées sans
lendemain. On renseigne, pour ce faire, que le
rapprochement entre la Rdc et la Chine à travers la
convention sino-congolaise n’a jamais été accepté par la
pègre financière internationale qui, à l’époque de
Laurent-Désiré Kabila jugé inflexible, avait déjà
orchestré la guerre de l’Est du pays déclenchée par le
Rcd /Goma. Considérant jusqu’ici la Rdc comme sa
chasse-garde et son réservoir en matières premières,
l’impérialisme international s’évertue par des
stratagèmes occultes à freiner l’élan de développement
amorcé par le président de la République. Dans cette
perspective, tous les schémas même suicidaires sont sur
la table pour soumettre l’Etat congolais à son diktat.
Il n’ y a que des naïfs surtout au sein de la classe
politique congolaise qui semblent ne pas percevoir le
complot ourdi contre le chef de l’Etat et notre pays
condamné à être à la traîne des pays pauvres en dépit de
ses immenses richesses.
Même sous le règne du maréchal Mobutu, le Fonds
monétaire international se permettait de toujours tenir
de double langage, le Zaïre bon élève le matin quand il
devenait exportateur des capitaux au profit du Club de
Paris et du Club de Londres qui se cachent derrière le
Fmi ; mauvais élève, mauvais gestionnaire des finances
publiques quand l’institution de Bretton Woods devait
remplir sa part des engagements. C’est le même scénario
qui se vit depuis l’avènement de Joseph Kabila. S’il n’y
avait pas de contrats chinois, le Fmi plein
d’imagination, allait toujours trouver de prétextes pour
empêcher la Rdc d’accéder aux facilités promises.
L’ouverture, hier, à Kinshasa de la 8ème session de la
grande commission mixte entre la Chine et la Rd Congo
axée essentiellement sur les questions économiques,
financières, d’infrastructures et d’échanges est une
occasion offerte aux deux pays de confirmer leur
engagement d’aller jusqu’au bout car, comme le disait le
général De Gaulle, « les Etats n’ont pas d’amis, mais
seulement des intérêts ».
Au stade actuel, il est évident que ni Beijing ni
Kinshasa ne se départiront de leur option arrêtée de
commun accord en 2007 surtout que la Russie se range de
plus en plus derrière le gouvernement congolais dans la
démarche de lui assurer la stabilité et le développement
économique. De cette session qui se clôture aujourd’hui
et dont la Chine s’est fait représenter par son ministre
du Commerce, on attend que les gouvernements chinois et
congolais réaffirment leur volonté de s’affranchir des
velléités hégémoniques de ceux qui ont toujours
considéré le Congo comme leur chasse gardée exclusive à
qui l’on a privé même le droit de se développer.
C’est ici où on doit prendre en compte les déclarations
faites récemment par l’ambassadeur de Chine, Zechian Wu
au journal Le Soir de Belgique dans lesquelles il
dénonce « la mauvaise foi » manifestée par le Fmi :
« qu’il est contradictoire, a-t-il dit, de voir les
institutions internationales et les pays occidentaux
s’intéresser aux réserves financières de la Chine, qui
est le premier partenaire économique de l’Union
européenne, et tenter en même temps de nous bloquer en
Afrique particulièrement au Congo ». Et de conclure :
« Ces contrats sont irréversibles, nous n’allons pas
reculer, et les Congolais non plus… »
Lr
Reçus par le président de la
République
Les groupes armés du Nord et du Sud-Kivu dont le Cndp
prêts à sécuriser le pays au sein des Fardc
Le chef de l’Etat Joseph Kabila a reçu
hier en deux temps les groupes armés du Nord et du
Sud-Kivu. Dans un premier temps, il a reçu les
représentants des groupes armés de ces deux provinces
signataires de l’accord avec le gouvernement ; dans un
second temps, les délégués du Cndp quoiqu’également
groupe armé, mais qui s’est singularisé depuis le début
des négociations avec le gouvernement jusqu’à la
signature d’un accord particulier avec le gouvernement.
De ces deux rencontres, l’on retient la préoccupation
des groupes armés de voir la paix revenir rapidement
dans les deux provinces, leur disponibilité de
contribuer au sein des Fardc, à combattre l’insécurité
qu’entretiennent les rebelles rwandais des Fdlr, le
règlement de la situation des populations déplacées et
réfugiées, la mise à application des accords conjoints
signés.
Selon les porte-paroles des trois groupes en présence,
des réponses satisfaisantes et assurances du retour de
la stabilité et du respect des accords ont été données
par le président de la République qui a déjà donné des
directives nécessaires au gouvernement qui s’y penchent.
Le chef de l’Etat a aussi rappelé sa détermination de ne
plus voir des groupes armés dans les deux Kivu et dans
l’Ituri.
Les rebelles rwandais des Fdlr se transforment en
rébellion contre la Rdc
L’insécurité que créent les Fdlr dans les deux provinces
du Nord et du Sud-Kivu a constitué la préoccupation de
ces différents groupes armés qui sont pressés de
s’engager au sein de l’armée nationale et en finir avec
ces rebelles rwandais des Fdlr qui ont choisi de se
transformer en rébellion contre la Rdc. Plutôt que de
s’attaquer au pouvoir de Kigali qu’ils prétendent
combattre, cela fait plus de cinq ans qu’ils n’ont tiré
aucun coup de feu, encore moins ne se sont infiltrés au
Rwanda ; ils trouvent le loisir de s’en prendre aux
populations congolaises par des méthodes de guérillas.
C’est chaque jour qui passe que l’on annonce des
attaques gratuites de ces rebelles étrangers rwandais se
comportant en terroristes tuant, violant et volant les
civils, brûlant des villages et s’en prenant aux
véhicules en circulation avant de disparaître dans la
nature. Les deux derniers jours, a-t-on appris de Radio
Okapi, plus de cent maisons des différents villages ont
été incendiées dans le territoire de Kalehe, à Bunyakiri,
au cours des attaques, notamment à Mulonge et Ciriba,
attribuées à des hommes identifiés comme des FDLR. Un
témoin fait également état de 5 morts et de quelques
personnes enlevées par les assaillants et emmenées dans
la forêt.
Des milliers d’habitants sont actuellement entassés sur
trois axes, selon l’autorité territoriale, notamment sur
la route nationale numéro 3, à Bulambika, et une grande
partie dans le groupement de Mbinga et Rwabika, Bushushu
et Mushebere où les FARDC sont présentes.
Lors de son briefing humanitaire d’hier mercredi,
l’organisation Ocha a déploré la détérioration de la
situation humanitaire principalement dans ces deux
provinces du Kivu où les attaques des FDLR continuent
d’emporter des victimes civiles innocentes et
d’entraîner des déplacements de milliers de personnes
ainsi que des mouvements pendulaires entre les
habitations et la brousse. De fait, a noté Ocha, ces
agressions continuent de paupériser chaque jour un peu
plus les populations civiles déjà meurtries par des
années de conflits armés divers, les maintenant dans un
état de précarité et de vulnérabilité toujours plus
grand, que ce soit du point de vue physique que
psychologique.
Avec l’engagement de tous les militaires congolais unis
dans la discipline au sein de l’armée nationale, l’on
saura anéantir entièrement ces malfrats, marchands de la
mort dont les chefs se la coulent douce dans les
capitales des nations dites civilisées, alors que leurs
éléments massacrent des populations qui n’ont rien à
voir avec l’objectif de leur lutte.
C’est dans ce cadre que l’opération Kimia 2 annoncée par
le gouvernement pour pourchasser tous ces terroristes
rwandais est attendue dans l’urgence pour ramener la
paix et la stabilité dans cette partie du pays.
T.L.
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