A travers 4 décrets
Muzito dépièce les entreprises publiques

- La Regideso, la Snel, l’Ocpt, l’Onatra deviennent des sociétés commerciales; la Rtnc, l’Inss, la Sonas, l’Occ des établissements publics; tandis que la Sucrière de Lotokila et l’Obma sont dissoutes

Le Premier minis tre Adolphe Muzito a signé hier mardi 28 avril 2009 quatre décrets portant transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales et établissements publics, intégration de certains établissements publics aux ministères et aussi la dissolution de certains établissements et entreprises publics.
Parmi les entreprises publiques transformées en sociétés commerciales figurent la Gécamines, la Sodimico, l’Okimo, la Régideso, la Snel, l’Onatra, la Rva et l’Ocpt. Il y en a en tout 20.
Vingt autres entreprises publiques sont transformées en établissements publics parmi lesquelles l’on peut citer la Rtnc, l’Acp, le Fpi, l’Inss, l’Ovd, l’Occ et la Rvm.
Tandis que cinq établissements publics, à l’instar du Ceec et de la Renapi, sont intégrés aux ministères dont ils deviennent des directions. Et le quatrième décret publié concerne la dissolution de certains entreprises et services publics dont le Complexe sucrier de Lotokila et l’Obma.
Weteto wa Djemba, ci-devant porte-parole du Premier ministre qui commentait ces décrets en direct du plateau de la Rtnc, a tenu à préciser qu’il s’agissait en fait des mesures d’application de quatre lois adoptées depuis juillet 2008 à l’Assemblée nationale et au Sénat, lois promulguées par le président de la République et publiées au journal officiel de la Rdc toujours l’année dernière.
Le porte-parole du Premier ministre a rappelé qu’il ne s’agissait pas de privatisation mais des mesures qui, à terme, conduiront à un processus de désengagement progressif de l’Etat dans les entreprises publiques. L’objectif majeur des lois votées par le Parlement est entre autres d’insuffler une nouvelle dynamique et la compétitivité aux entreprises du portefeuille de l’Etat, qui s’avèrent dans leur état actuel, des bois morts.
Il n’y aurait pas à craindre pour les emplois du personnel en service ni pour les mandataires qui restent en place. Des dispositions seraient déjà prévues par le législateur pour l’intégration du personnel des entreprises dissoutes dans la fonction publique et un fonds spécial serait constitué pour résoudre les problèmes sociaux qui ne manquerait pas de surgir de cet important mouvement de transformation du portefeuille de l’Etat.
Dans notre prochaine édition, tous les détails sur ces décrets.
Mayonde Kolongo
 

Contrôle parlementaire à l’Assemblée nationale
Thambwe Mwamba sous la menace injustifiée d’une motion de défiance

Depuis que le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, avait insinué, lors d’une allocution prononcée à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, que les députés nationaux gagnaient en un seul mois, près de dix ans de salaire d’un enseignant du Nord-Kivu, le chef de la diplomatie congolaise est sous la ‘’fatwa’’ des élus du peuple.
Endossée par le spectaculaire député national Okundji, la soi- disante fatwa, dissimulée sous l’appellation on ne peut plus légale de motion de défiance, aurait déjà recueilli le nombre requis des signatures pour être valable, soit au moins cinquante et aurait déjà été déposée sur la table du bureau sortant de l’Assemblée nationale et n’attendrait plus qu’à être programmée dans l’une des plénières convoquée à cet effet, conformément au règlement intérieur de la chambre basse du Parlement. En vertu du principe de la continuité de l’Etat, le député motionnaire espérait voir le nouveau bureau inscrire, dans les 48 heures suivant la première plénière qu’il a présidée, cette motion de défiance à l’ordre du jour de la prochaine plénière.
Mais c’était sans compter avec la technicité du nouveau président de l’Assemblée nationale qui, sans pour autant dénier à ce député la possibilité d’exercer sa prérogative constitutionnelle, lui a demandé d’authentifier les signatures apposées à l’annexe de cette motion. Ainsi, lors de la prochaine plénière, Okundji devra prouver l’authenticité des signatures qu’il a recueillies pour voir sa motion être inscrite à l’ordre du jour de l’une des plénières.
Cette position est justifiée par le fait que ce dossier n’a pas été communiqué au nouveau bureau par l’ancien lors de la remise et reprise. Cette logique est compréhensible puisque l’actuel bureau ne peut pas endosser n’importe quel dossier. Mais ce qui est étonnant dans ce dossier, c’est que l’on assiste à une nouvelle forme de contrôle parlementaire qui n’est pas spécialement lié à la gestion de la res publica mais plutôt à des présupposés totalement éloignés de la mission primaire d’une chambre parlementaire. En effet, il est étonnant de constater que les adeptes de la politique spectacle veulent obtenir la tête de Thambwe Mwamba non pas pour la gestion de son portefeuille, qui est irréprochable, mais plutôt pour des propos dont la teneur ne constitue en rien une entorse aux règles démocratiques de la gestion de l’Etat.
Il n’y a aucune entorse, dans une démocratie, de s’exprimer même contre les députés, nationaux soient-ils, car la liberté d’expression n’est pas seulement garantie aux seuls élus du peuple ; elle l’est aussi aux membres du gouvernement qui sont aussi des citoyens congolais même s’ils assument la charge des affaires de l’Etat. En outre, il n’y a aucun tort à affirmer que les élus touchent un salaire exorbitant.
Tout le monde le dit, à commencer par leurs propres électeurs qui s’offusquent chaque jour de l’exhibitionnisme de leurs élus et de leur insouciance à défendre leurs intérêts. Cela se dit et les élus le savent. Pourquoi, dès lors, cela serait –t-il un péché si cette vérité sortait de la bouche du ministre des Affaires étrangères ?
Apparemment, les élus n’ont pas apprécié le fait que cette vérité soit sortie en présence des étrangers notamment de la ministre rwandaise des Affaires étrangères qui était venu assister à la cérémonie de retrait des troupes rwandaises de notre territoire. Une certaine unanimité semblait se dégager à l’époque auprès des députés pour fustiger, par un sentiment de corporatisme, les déclarations d’Alexis Thambwe Mwamba. Mais aujourd’hui, compte tenu de la tournure qu’ont pris les choses à l’Assemblée nationale, avec la confirmation de la suprématie de l’Amp, la fameuse unanimité n’est plus qu’un lointain souvenir. Okundji risque de subir une deuxième gifle après celle qu’il a subi le vendredi 17 avril 2009 lors des élections à l’Assemblée nationale où il n’avait recueilli qu’une trentaine des suffrages exprimés.
Dans ces conditions, Alexis Thambwe Mwamba peut être tranquille d’autant plus que son bilan à la tête du ministère des Affaires étrangères plaide en sa faveur, car il a réussi à débloquer le dossier des passeports biométriques, à rendre visible la diplomatie congolaise et à porter avec un peu d’audace la voix de la République démocratique du Congo sur la scène internationale. C’est ce que le peuple attend d’un dirigeant et il peut répondre de son action avec toute fierté au lieu de répondre des propos qui ne sont, au demeurant, pas tout à fait faux. Okundji aurait mieux fait de se concentrer sur le travail véritablement parlementaire qui ne manque pas au moment où tout le monde déplore le temps qu’on a perdu dans les querelles politiciennes depuis un mois et demi.
Lr


 





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