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Fête du travail
1er mai :
les festivités noyées dans la crise
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A cause de la récession de l’économie mondiale et ses
effets en Rdc, la fête du travail ressemble à une messe
noire éludant les vrais problèmes du monde ouvrier
Ce vendredi 1er mai, les travailleurs
seront une fois de plus dans la rue pour commémorer la
Journée internationale du travail. Pour une rare fois,
les pagnes destinés à fleurir les défilés ont été
distribués aux travailleurs dans les délais acceptables,
soit plus de quatre jours avant la date fatidique. Ce
qui présage une fête totale, d’autant que le monde du
travail aura bénéficié du temps nécessaire à apprêter
tous les ingrédients devant restituer à l’événement un
éclat particulier. Comme de tradition, les services
publics, les entreprises du Portefeuille de l’Etat et du
secteur privé rivalisent de préparatifs pour arracher
l’admiration des autorités, voire du public qui suivra
le déroulement des défilés sur les petits écrans.
Et après ? Les festivités de cette année interviennent à
un moment particulier, marqué par la crise financière
internationale ayant charrié ses effets jusqu’en
République démocratique du Congo. A cause de cette
récession de l’économie mondiale, maintes entreprises
avaient mis la clé sous le paillasson, particulièrement
dans le secteur des mines. Dans la province du Katanga
singulièrement, plusieurs entreprises ont fermé
d’autres, poussant le désespoir plus loin, se sont
permis de repartir même avec l’outil de travail. Tandis
que au Kasaï Oriental, le géant mondial du diamant, De
Beers, s’est retiré de tous les projets convenus avec
l’entreprise locale Minière de Bakwanga (Miba). Cette
multinationale a légué une partie de son matériel à la
population locale pour le développement de son
environnement.
Dans beaucoup d’autres entreprises des secteurs publics
et privés, les salaires des cadres ont subi des coupes,
que les employeurs font passer pour une épargne forcée.
Incapables de supporter le coût du personnel, certains
managers ont carrément procédé à la compression des
agents à qui étaient versés des indemnités dérisoires,
voire rien du tout. Ce faisant, la fête de demain ne
revêt aucune signification positive pour les
travailleurs congolais. Il s’agira d’une opportunité
destinée à noyer, pendant un laps de temps, le calvaire
enduré dans l’exécution de la tâche et dans les
relations avec le patronat de l’entreprise. Un moment
donc pour se consoler avec les frais de collation – du
reste modiques – les friandises, la boisson, etc.
En somme, la cérémonie du 1er mai constitue une
véritable distraction pour les travailleurs congolais
roulés dans la farine, une messe noire qui élude les
vrais problèmes du monde du travail en Rdc. La précarité
de l’emploi est un fléau : les emplois ne sont pas
sécurisés d’autant que les employeurs foulent au pied
les prescrits de la législation du travail. La création
de l’Office national de l’emploi (Onem) était porteuse
d’espoirs dans ce secteur. Mais comme tous les autres
services de l’Etat, l’Onem est loin d’imposer au monde
du travail national la gestion des embauches et des
emplois déjà existants. Lors des réunions hebdomadaires,
ce service est comme contraint d’agréer les propositions
(impositions ?) de suppression d’emplois décidées par
des patrons d’entreprises, du secteur privé surtout.
La situation du travailleur congolais ne saura changer
tant que son sort est géré par les employeurs ;
l’amélioration est assujettie à la récupération de la
direction des réformes par le mouvement ouvrier. Mais
peut-on espérer des prouesses sur un marché où l’offre
d’emploi est profondément engloutie dans un océan de
demandes ?
James Momba
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