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Après l’Assemblée nationale
Le Sénat adopte le budget 2009 et attend fermement les
explications du ministre du Budget
La commission économi-que, financière et de la bonne gouvernance du
Sénat a rendu son rapport hier mardi 30 décembre 2008.
Après quarante-huit heures de travail acharné et
soutenu, les sénateurs membres de cette commission ont
réussi l’exploit d’enrichir le projet de budget pour
l’exercice 2009.
Deux grandes préoccupations ont retenu l’attention des membres de
cette commission dans l’examen du Budget tel que
l’Assemblée nationale l’a transmis à la chambre haute.
Il y a d’une part l’examen de l’environnement dans
lequel ce budget a été élaboré et d’autre part, l’examen
des ressources externes. En ce qui concerne
l’environnement économique qui sous-tend ce projet de
Budget 2009, la commission a reconnu que le gouvernement
a élaboré ce budget dans un contexte économique mondial
difficile fait de la baisse des cours des matières
premières et de la récession qui frappe les économies
mondiales. Pour faire face à ces difficultés, la
commission économique, financière et de bonne
gouvernance du Sénat a recommandé un collectif
budgétaire en avril 2009 pour évaluer le réalisme du
cadrage macroéconomique retenu avec l’évolution de
l’environnement économique et financière mondiale.
Pour ce qui est des ressources extérieures, la commission du Sénat
a constaté que ces ressources ont un taux de
mobilisation très faible. Sur les trois milliards de
dollars promis en 2008 par nos partenaires extérieurs 1
milliard 700 millions de dollars seulement a été
réellement versé. Il se pose ainsi un vrai problème de
la réalité de ces ressources et de leur capacité à aider
le Congo à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé dans
le budget. Il existe des fonds disponibilisés par la
Banque mondiale en faveur de la Snel et de la Régideso
qui ne sont pas utilisés et qui peuvent être récupérés
pour combler la faiblesse du taux de mobilisation des
ressources extérieures. Pour parvenir à cette fin, la
commission économique, financière et de la bonne
gouvernance du Sénat a préconisé la mise en place afin
d’accroître leur absorption.
Sous toutes ces réserves, le rapport de la commission sénatoriale
ne s’est pas beaucoup écarté des conclusions de la
Chambre basse, sauf le vote des recettes additionnelles
qu’elle a pu dégager et qui vont au-delà de celles
dégagées par les députés nationaux. Le Sénat a, en
effet, dégagé des recettes additionnelles de l’ordre de
43 milliards 686 millions de francs congolais alors que
l’Assemblée nationale avait quant à elle, dégagée des
recettes additionnelles de l’ordre de 82 milliards 732
millions de francs congolais. Ainsi, le budget de l’Etat
s’élève, selon le Sénat, à 2.922 milliards 393 millions
815 mille et 447 Francs congolais contre 2.878 milliards
707 millions 467 mille et 791 Francs congolais arrêté
par la chambre basse.
Il faudra donc mettre en place une commission paritaire mixte
Assemblée nationale-Sénat qui sera chargée d’aplanir les
différences entre les deux textes afin de présenter un
texte unique qui sera promulgué par le Chef de l’Etat.
Mais en attendant que ce travail soit fait, les
Sénateurs ont formulé une série des recommandations au
Gouvernement après avoir rappelé les recommandations de
l’année 2007 et 2008 qui sont restées lettre morte
jusqu’aujourd’hui. Parmi ces recommandations, il y a la
tenue d’un collectif budgétaire en avril 2009,
l’établissement des statistiques de production de tous
les domaines d’exploitation, le renforcement des
capacités des agents des régies financières. Les élus
ont émis le vœu de voir le gouvernement respecter ces
recommandations.
Mais leurs observations ont tourné également sur la nécessité de
voir inscrire dans le budget 2009 la somme de 600
millions de dollars qui aurait été promise par le
ministre des Hydrocarbures au titre des dividendes
résultant de l’exploitation avec l’Angola de la zone
d’intérêt commun. Certains sénateurs veulent que le
ministre qui avait tenu ces propos vienne s’expliquer
devant les représentants du peuple. Un autre ministre
était concerné par les attaques des sénateurs. Il s’agit
du ministre du Budget dont les services sont accusés de
mécaniser les chiffres venus de l’Assemblée nationale
sans attendre le travail du Sénat. Cette attitude,
interprétée comme un manque de reconnaissance du travail
des sénateurs, a été à la base de la convocation de ce
ministre aujourd’hui au Sénat avant l’adoption du
rapport de la commission mixte Assemblée nationale-Sénat.
Charles Mukonkole |