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Nord-Kivu
Nkundabatware se prépare à chasser la Monuc
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Bloqué de lui-même au plan politique et diplomatique, le
Cndp projette la reprise des combats au Nord-Kivu contre
les Fardc et d’attaquer la Monuc dans les territoires
qu’il occupe
Sur
le terrain des opérations militaires au Nord-Kivu, on
observe une relative accalmie, chaque partie
belligérante gardant ses positions. Est-ce pour autant
un motif de croire à la fin des hostilités entre les
Fardc et le mouvement rebelle du Cndp ? A maints égards,
le jeu de cache-cache auquel se livre le général déchu
Laurent Nkundabatware occulte mal sa volonté de bloquer
le processus de paix dans cette partie de la République.
Il est évident qu’entre, d’une part, le Cndp et le
gouvernement congolais et, d’autre part, le Cndp et la
Monuc, il y a des grains de sable dans la machine tant
politique que diplomatique qui ne peuvent qu’empêcher le
mécanisme de paix de fonctionner normalement.
Dans la perspective de la reprise des concertations du 7
janvier prochain à Nairobi, au Kenya, les analystes
présagent déjà l’éventualité d’un échec à travers la
lecture des signes de temps. Les maigres résultats des
premier et second rounds des discussions tenus dans la
capitale kenyane ont été cependant exacerbés par le
refus du Cndp à signer sous de fallacieux prétextes le
document de formalisation du cessez-le-feu alors que la
délégation gouvernementale conduite par le ministre de
la Coopération Internationale et Régionale, Raymond
Tshibanda s’en est acquitté loyalement. Signe palpable
d’ouverture politique.
Attitude incongrue que celle de la lettre adressée, le
24 décembre dernier, au Secrétaire général des Nations
Unies, Ban Ki-Moon par le chef rebelle Nkundabatware
dans laquelle il demande à la Monuc d’obtenir le retrait
des troupes gouvernementales des zones que son mouvement
aurait évacué autour de l’aéroport de Goma. Pour Alan
Doss, représentant spécial du Secrétaire général en Rdc,
la Monuc n’a observé aucun mouvement de la sorte depuis
la proclamation unilatérale de cessez-le-feu par le
Cndp, le 29 octobre 2008.
Dans l’un et l’autre cas, on s’interroge : à quel jeu se
livre le général rebelle ?
Quoi qu’on en dise, les observateurs avertis sont
d’avis qu’il s’agit d’une vieille stratégie qui consiste
à obliger le gouvernement congolais et la Monuc à
dévoiler toutes leurs cartes. Quitte au mouvement
rebelle de mener par la suite le jeu en sa faveur. Comme
s’il avait affaire à des politiques nés de la dernière
pluie. De toute évidence, cela procède d’une option
délibérée en vue soit de gagner du temps soit il se
préparerait à de nouvelles opérations militaires à la
suite des échecs diplomatiques enregistrés et de la
nouvelle donne qui s’installe dans la région avec le
dégel des relations entre Kinshasa et Kigali. Pour les
Fardc, à la moindre provocation des rebelles, ils en
auront pour leur compte.
Provocations
Selon des sources crédibles, la Monuc aurait des
inquiétudes à cause de la proximité des zones de front à
Kibati situé à moins de 150 kilomètres, zone séparant
les belligérants avec entre les deux camps, les
déplacés. Ces appréhensions sont apparemment fondées
dans la mesure où c’est le prétexte avancé justement par
le Cndp pour créer un climat de tension qui risque
d’aboutir à l’affrontement. Les mêmes sources font
allusion à un plan du Cndp tendant à forcer le départ
des contingents onusiens installés sur le territoire
basé sous son contrôle. La perspective de cette attaque
est mal perçue dans les milieux intéressés. Si ces
informations se confirmaient, on se demande où est-ce
que Nkunda voudrait en venir ? Avec le renforcement du
mandat des casques bleus en Rd Congo, qu’adviendrait-il
si les éléments de la Monuc utilisaient « tous les
moyens nécessaires » pour s’acquitter de ses missions ?
Avant ou après la reprise des concertations de Nairobi,
le 7 janvier prochain, tout peut arriver, les calculs du
mouvement rebelle de « forcer le gouvernement à partir »
ne se réalisant pas dans le temps et l’espace tel que le
laboratoire de Jomba l’avait programmé.
Ndong.M.N.
Un bilanqu’annoncés par la Monuc
Les attaques de la Lra ont fait plus de 400 morts en
Province Orientale
« Le bilan est provisoire et certainement inférieur à
la réalité, mais c’est plus de 400 civils qui ont été
tués dans la province orientale depuis le 15 décembre »
a déclaré l’abbé Mbolingaba, directeur de la Caritas du
diocèse de Dungu-Doruma à Misna.
Ce chiffre est supérieur à celui de 200 personnes publié
par la Monuc il y a quelques jours sur les exactions
perpétrées par la rébellion ougandaise de l’Armée de
résistance du Seigneur dont le sigle en anglais donne
Lra. Selon le prélat précité, le bilan qu’il annonce est
provisoire car nombre de villages ayant été attaqués se
trouvent dans des zones particulièrement isolées.
D’autres attaques à Duvu, lourdement frappé en septembre
ont fait 75 tués, 48 à la frontière avec le Soudan, près
de Ngilima et Bangadi, et aussi 213 à Doruma et Gurba.
Cette information a été confirmée à Misna par Mgr
Richard Domba, évêque de ce diocèse.
Outre les morts tués par des armes blanches ou à feu
dont certains ont été massacrés dans les églises où ils
tentaient de se réfugier, quelques 18.000 personnes
errent loin de leurs maisons pour échapper à ces hordes
d’assassins.
Mayonde Kolongo |