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Covid-19 : Vidiye Tshimanga relate l’impréparation, le manque d’infrastructures et de moyens pour faire face à cette pandémie

A travers un message intitulé « Patient COVID-19 positif » et relayé sur sa page Facebook, Vidiye Tshimanga, conseiller spécial en matière stratégique de Félix-Antoine Tshisekedi, raconte ses péripéties pour se faire soigner dans les établissements sanitaires de Kinshasa dont il soulève l’impréparation et le manque d’infrastructures et de moyens pour faire face à cette épidémie de Coronavirus. Il va même jusqu’à imputer la faute du décès de Jacques Ilunga – un autre collaborateur du chef de l’Etat aussi contaminé du Covid-19 et dont le décès fut intervenu le vendredi passé – au personnel soignant et à l’imbroglio régnant actuellement dans le milieu hospitalier de Kinshasa.

Voulant faire non seulement éclater la vérité et aider la population congolaise « à comprendre les enjeux de cette maladie ainsi que ses conséquences en « Véhiculer la bonne information », pour permettre à la RDC d’« affrontons cette bête », Vidiye Tshimanga, le Conseiller spécial en matière stratégique du président Félix-Antoine Tshisekedi, a décidé de relayer sur sa page Facebook le déroulement de ses péripéties suite à sa contamination au Coronavirus stigmatisant au passage la manière dont il a été pris en charge et le drame intervenu dans la mort d’un de ses collègues à la Présidence, Jacques Ilunga.

Chronologie d’une surprise peu agréable

C’est ainsi que dans une longue chronologie détaillée de 15 jours, il donne sa version des faits sur la manière dont les victimes du Coronavirus sont prises en charge et traitées.

Ressentant le malaise depuis le 15 mars, sans pour autant cesser ses activités, Vidiye Tshimanga « par acquit de conscience », il prend contact avec l’INRB afin de se faire tester 2 jours plus tard.

Et il faudra encore 2 jours, soit le 19 mars, pour que le personnel de cet institut face effectivement les prélèvements nécessaires pour un dépistage. Ensuite, toujours selon les déclarations, du conseiller spécial du président, au départ, les résultats qui lui auraient été communiqués 3 jours plus tard par le centre d’analyses sont négatifs mais ceux-ci ne lui sont pas encore remis en mains propres « faute de véhicule ». Nous en sommes déjà au 7ème jour et pas encore de quarantaine pour le conseiller ou de ses proches.

C’est seulement le lundi, soit 5 jours après ses tests que Vidiye Tshimanga reçoit ses résultats en mains propres et déclare-t-il, « C’est moi-même, en lisant les résultats qu’il me remet, qui remarque que les miens sont positifs contrairement à ce qui m’avait été dit par téléphone ».

Ainsi c’est donc après plus de 8 jours qu’une quarantaine est décidée et que son « dossier transmis à l’équipe de « prise en charge » des malades atteints du CoVid-19. »

Mais ses péripéties ne s’arrêtent pas là puisqu’il affirme avoir ensuite été livré à lui-même pendant 2 jours avant une prise en charge médicale et prescription de médicaments tout en le maintenant en isolation chez lui afin de « maintenir la disponibilité des places sur les sites hospitaliers […] pour des patients dont les cas présentent de vraies complications. »

Cauchemar du récit de la perte d’un ami

Alors que de son côté tout semble aller pour le mieux, même s’il lui a encore fallu attendre 2 jours pour recevoir son premier lot de médicaments (à savoir un protocole adopté de la Chloroquine et le Zithromax), il relate de manière effroyable la non-prise en charge de son collègue, Jacques Ilunga, le chargé des missions du président de la République.

« Le même vendredi j’apprends avec stupeur, que mon collègue Jacques est décédé. On m’apprend ce jour-là que pendant sa semaine de souffrance, il a été ballotté de l’hôpital HJ à celui du cinquantenaire, puis à Ngaliema. C’est le jeudi soir qu’il sera transféré dans un véhicule sans respirateur au CMK. Malheureusement la situation irrécupérable vu l’état de détérioration de ses poumons, mon collègue et ami rendra l’âme le lendemain. On m’informe que l’une des causes du décès de mon ami et frère était que les équipes médicales sous-informées et craintives de la maladie COVID-19, ne se sont quasiment pas occupées de lui, ne lui donnant pas les soins adéquats. D’autres cas de décès de malades mal pris en charge m’ont été relatés. », a-t-il posté sur son mur Facebook.

Ce qui va le conduire à rendre sa contamination publique. « C’est ainsi qu’après toutes ces péripéties, je décide le samedi 28 mars (J-12), de rendre public mon diagnostic. Cette décision, j’ose espérer, permettra à nos concitoyens de prendre la mesure du risque que représente cette maladie. L’autre aspect de cette décision a pour dessein de démystifier et éviter que la peur et la psychose ne prennent le dessus sur la prévention, la prise en charge et le contrôle », s’explique-t-il.

Parlant des lacunes médicales, Vidiye Tshimanga va relater son parcours du combattant pour pouvoir passer un scanner près de 2 semaines après le début de ses symptômes et toujours de sa propre initiative car délaissé par l’équipe de suivi, qui « est débordée par le volume de travail ».

Son périple commence le dimanche 29 mars par un rendez-vous au CMK qui le renvoie au lundi car « ils ne font pas de scanners le dimanche sauf pour les urgences » mais, d’après son récit, le lundi il se fait éconduire de ce centre hospitalier car « le CMK refuse les cas atteints du COVId-19. » Et se fait acheminer à l’hôpital HJ à Limete où il sera finalement pris en charge.

Affrontons et démystifions « cette bête » !

Etant dans un état de « bon rétablissement », « au 4ème jour de ma médication », le conseiller spécial « tiens fermement à tirer la sonnette d’alarme afin que les mesures d’information soient prises et que chacun de vous se fasse le relais de ce combat. »

Tout d’abord sur la façon dont « Certains hôpitaux refusent de participer à la lutte contre ce fléau, souvent de peur de faire fuir sa clientèle. Cela est contraire au serment d’Hippocrate et ne pourra que contribuer à creuser un fossé entre les populations. »

Ensuite sur la stigmatisation des malades et de leurs proches faute des bonnes informations. « J’ai appris dernièrement que des familles sont pointées du doigt parce qu’il y aurait des personnes atteintes de ce virus chez eux. J’ai moi-même vécu l’expérience de mes collaborateurs, chauffeurs et relations, qui sont stigmatisés et même menacés dans certains cas. C’est le manque d’information qui entraîne ce genre de psychose et de panique.

Et d’inviter les autorités à prendre les mesures qui s’imposent pour éviter que la situation ne se détériore et pour pouvoir faire face à cette épidémie dont, selon lui, le nombre de cas est bien au-delà de ce qu’annoncent les statistiques officielles.

« Ne nous voilons pas la face. En Europe on fait plus de 16.000 tests par jour dans certains pays comme l’Allemagne. Chez nous en RDC notre capacité de test ne dépasse pas les 150 par jour dans les meilleures conditions. Cela sous-entend clairement que le nombre de cas en RDC doit être bien supérieur à ce qui est annoncé avec toute la bonne volonté à ce jour. […] il faudra prendre des dispositions plus drastiques pour les personnes à risques ayant des complications tels que les diabétiques, asthmatiques, obèses et toute autre personne souffrant de maladies qui affaiblissent les défenses immunitaires. »

A la population congolaise, il appelle « à vous mobiliser afin de véhiculer la bonne information » et de faire front « sans agendas cachés […] au Covid-19 via l’unité et la cohésion » tout en expliquant que cette maladie n’est pas si létale en soi. « Il faut aussi savoir que plus tôt est soignée la maladie et plus nos chances de nous retrouver dans les 95 % de cas bénins sont grandes. […] Les points encourageants, c’est d’abord le fait que plus de 95 % des malades vont se soigner comme pour une mauvaise grippe. Il ne faudra donc répondre avec force que pour moins de 5 % des infectés. […] Alors au lieu de se cacher, au lieu d’avoir honte, assumons-nous et affrontons cette bête ! »

Toutefois, il affirme que son « récit n’a pas pour objet de jeter la pierre au système de santé de la RDC, ni même aux institutions qui ne tarissent pas d’efforts afin de répondre avec résultats à cette pandémie, ni d’ouvrir les hostilités avec qui que ce soit. Mais plutôt de conscientiser nos compatriotes afin que les gestes intelligents et constructifs soient posés. »


mediacongo

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La Rédaction de Nyota Radio Télévision

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