lundi , 14 octobre 2019
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Fatshi : la réforme constitutionnelle inévitable !

Dans son message d’hier à la Nation, le chef de l’Etat a aussi fait état des nominations au sein de l’appareil judiciaire.

D’une hypothèse d’école, la perspective de retouche de la Loi fondamentale devient de plus en plus envisageable. Dans sa toute première adresse à la Nation, le chef de l’Etat a dégagé la nécessité de changer le mode d’élection des sénateurs et des gouverneurs de provinces. Ce qui passerait nécessairement par la révision de certaines dispositions constitutionnelles.

Ce changement concernera essentiellement l’alinéa 4 de l’article 104 de la Constitution, qui stipule que les sénateurs sont élus au second degré par les assemblées provinciales. Est-ce à croire qu’on basculerait du scrutin indirect au mode de vote direct en ce qui concerne les sénateurs et les gouverneurs de provinces?

C’est fini pour des magistrats et juges véreux dans les juridictions de la RD Congo. A la suite de la controverse ambiante autour des arrêts de la Haute cour et des soupçons de corruption de plus en plus persistants des juges de cette même Cour, le Chef de l’Etat congolais promet de nommer des personnes « intègres » pour changer l’image salie de la justice du pays. Le Magistrat suprême congolais l’a déclaré à haute et intelligible voix, dans son tout premier message du 30 juin, adressé hier à la Nation.

Par ailleurs, Félix Tshisekedi a annoncé, sans le dire clairement, une révision constitutionnelle sur fond de changement du mode de scrutin des sénateurs et des gouverneurs de province. Car explique-t-il, « le système électoral en vigueur a montré ses limites ». Ici aussi, Félix Tshisekedi motive implicitement cette réforme par des soupçons de vagues de corruption qui ont émaillé le vote des sénateurs et de gouverneurs de provinces, respectivement le 14 et le 26 mars dernier.

Dans le volet social, le Président congolais dit ne ménager aucun effort pour enrayer le fléau de la maladie à virus Ebola dans l’Est et le Nord-Est du vaste territoire national. Précisément le Nord-Kivu et l’Ituri. Une autre importante annonce, est la gratuité des soins médicaux désormais garantie aux éléments des Forces armées de la RD Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).

En ce qui concerne les infrastructures routières, gage du développement du pays, Félix Tshisekedi rappelle la cascade de travaux engagés dans tous les coins de la RD Congo. Particulièrement en provinces, le Chef de l’Etat a précisé que les travaux portent aussi bien, sur la réhabilitation et la réouverture des routes d’intérêt général que la remise en état des ponts et des bacs.

Dans l’ensemble, le message de Félix Tshisekedi aura été le bilan mi-parcours de ses cinq premiers mois à la tête du pays. Un constat sur fond d’autosatisfaction. Sur le plan politique, le successeur de Joseph Kabila ne cache pas sa satisfaction d’avoir favorisé la mise en œuvre effective de la décrispation politique, conformément aux prescrits de l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016. »Les exilés politiques sont de retour. Les réunions et manifestations politiques se tiennent sans aucune entrave. Je tiens à vous rassurer sur ce chapitre que les choses iront de mieux en mieux dans le strict respect des lois de la République et de l’établissement d’un Etat de droit », promet-il.

RELOOKER LES PENITENCIERS DE LA RDC

Dans son discours d’investiture le jeudi 24 janvier à Kinshasa, Félix Tshisekedi avait promis la fermeture de tous les cachots privés. Particulièrement ceux de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Cette mesure, disait-il, s’inscrivait dans le cadre de l’assainissement des prisons du pays, qui selon son propre constat, « sont devenues de véritables mouroirs ».

Toujours dans ce cadre d’humaniser les pénitenciers congolais, le Chef de l’Etat avait recommandé que la capacité d’accueil des prisons du pays soit augmentée. « Les travaux entamés au niveau du Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK), communément appelé « Prison de Makala », constituent la première étape », rassure-t-il.

Jurant de respecter les libertés publiques, du reste garanties par les articles 17, 22, 23, 25 et 26 de la Constitution du 18 févier 2006 en vigueur en RD Congo, Félix Tshisekedi déplore cependant, des cas de dérapages observés lors des manifs publiques organisées dans certaines grandes villes du pays. En l’occurrence Kinshasa. Cas du meeting de Jean-Pierre Bemba du 23 juin dernier, Place sainte Thérèse à N’Dili. « Je me suis rendu au chevet des victimes d’actes de vandalisme commis par des inciviques, des manifestants mal encadrés qui n’ont pas hésité à s’attaquer aux ouvrages publics, aux paisibles citoyens et à leurs biens. Ceci doit prendre fin et la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur, car je refuse que certains leaders mal intentionnés puissent confondre démocratie et anarchie », gronde Félix Tshisekedi.

En cinq mois seulement au sommet de l’Etat, Félix Tshisekedi confesse qu’il ne pouvait produire de miracle, pour donner des réponses idoines aux nombreuses préoccupations de ses compatriotes. Dans un pays où tout est en même temps priorité et urgence, le Président congolais n’ignore pas qu’il ne peut rien faire tout seul. Aussi, fait-il appel au patriotisme de tout Congolais pour réussir les nombreuses réformes à réaliser. Ce, dans le but de répondre aux besoins multiples et variés de la population. « Si nous adhérons tous à la vision selon laquelle tout doit être fait et revenir d’abord au peuple, celui-ci a aussi sa part de responsabilité, particulièrement dans le changement des mentalités », exhorte-il. Entre-temps, les Congolais continuent à attendre impatiemment, la formation du nouveau Gouvernement.

D’aucuns espéraient voir la sortie de la fumée blanche hier dimanche, en guise de cadeau de la fête d’indépendance du pays. Hélas. Lire en pages 3 et 4, l’intégralité du tout premier message de Félix Tshisekedi à la Nation.

mediacongo

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