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Gizenga en difficulté
Un 3ème courant en gestation au PALU


PUBLICATION | 11/08/2011

La grogne est loin de reculer au sein du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) plongé dans une profonde cacophonie depuis la dernière prestation de son Secrétaire général en rapport avec les prochaines échéances électorales.

Par : James Momba

 

Pour avoir remis le combat du parti pour le poste de président de la République à l’horizon 2016, le Patriarche Gizenga a soulevé une vague de protestations dans les rangs de ses fidèles. Ceux-ci n’ayant en tête que la candidature de leur « dieu », ne le voient pas en mesure de briguer, moins encore de prendre les reines du pays 5 ans plus tard. Quel serait le potentiel de l’énergie physique et intellectuelle d’Antoine Gizenga en 2016, au moment il met pied dans le nonagénaire, s’interrogent des militants éclairés.

« Le combattant a déposé les armes », s’est écrié un cadre du PALU pour qui la déclaration du Patriarche constitue une véritable démission de Gizenga de sa charge de présider aux destinées d’un parti créé par ses soins à l’aube de l’indépendance.

En somme, l’adresse du Secrétaire général du PALU plonge le parti dans une scission qui traduit la lutte de succession matérialisée dans le positionnement de deux figures de proue. Il s’agit de Godefroid Mayobo et Adolphe Muzito, donnés pour remplacer le Patriarche aujourd’hui vaincu par le poids de l’âge. Si Mayobo a la bénédiction de « dieu », l’homme ne perce pas cependant dans la masse combattante. Ce, pour des raisons tribales – l’homme n’est pas de la tribu de Gizenga, majoritaire au PALU – mais aussi du fait que Mayobo ne vole pas financièrement au secours des démunis partisans. Même quand il était tout puissant dans la Primature de Gizenga, Godefroid n’aurait point laissé échapper un grain de riz de ses mains ; les fidèles combattants affichaient le ventre creux sur les différents points de rassemblement dans les communes.

Sur ce chapitre, l’actuel Premier ministre rafle les points, d’autant qu’il serait le modèle de cadre en règle de cotisation pour le parti depuis sa nomination à la tête du ministère du Budget. Toutefois, sa personne se heurte à l’opposition de maints qui entendent se saisir de la retraite d’Antoine Gizenga pour affranchir le PALU de sa connotation d’un parti politique tribal. Ainsi, Muzito étant parent au Patriarche, des voix s’élèvent pour éloigner sa personne de la tête du PALU. Ce courant fait front commun avec d’autres combattants qui plaident pour la troisième voie, celle de confier l’imperium du parti à un ressortissant d’une province autre que le Bandundu.

Reste à savoir la position du lider maximo face à ces altercations verbales qui semblent être le prélude à la signature du certificat de décès du PALU. Il est vrai que Patriarche garde encore de l’ascendant sur une importante frange de combattants, mais il n’en demeure pas moins que, en désespoir de cause, d’aucuns ont choisi de mener le combat derrière de nouvelles énergies. Une chance pour des personnalités telle que Thérèse Pakasa dont le style de combat a charmé des consciences. Une vérité : si Antoine Gizenga s’éclipse, le PALU se désintégrera en ailes Mayobo, Muzito et Pakasa. Avec quel poids pour chacune ? L’histoire appartiendra au passé à l’instar de celle du MNC de Patrice Emery Lumumba, aujourd’hui réduit en cendres.